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Explication de texte : Le travail du poète

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  • Type de document: explication de texte
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26 juin 2011 à 22h14 par Niso :
NTRODUCTION

Lorsqu'on arrive au chapitre 6 du conte, Candide à déjà été confronté à un certain nombre de situations douloureuses comme l'enrôlement, la guerre, la cruauté humaine, les retrouvailles avec un Pangloss défiguré, la tempête, le tremblement de terre de Lisbonne. On le retrouve ici aux prises avec l'inquisition. Le chapitre raconte avec une tonalité ironique une cérémonie, un autodafé dont Candide et Pangloss sont les involontaires victimes. Nous comprenons vite les objectifs de Voltaire qui sont la lutte contre l'intolérance, la dénonciation de la superstition et la dénonciation de l'optimisme.
Un autodafé est une cérémonie ou l'on brûlait les hérétiques (qui ne sont pas dans l'orthodoxie hérétique). L'inquisition est un tribunal religieux ou l'on proclamait les autodafés.


On pourra analyser successivement :
I. La tonalité ironique
II. Les cibles de la dénonciation


I. LA TONALITE IRONIQUE
Tout ce qui touche à la décision d'organisation de la cérémonie est présentée de manière apparemment élogieuse, avec une instance particulièrement admirative sur ce qui précisément ne mérite aucune admiration. On peut ainsi remarquer l'insistance sur la sagesse et le savoir ("les sages", "moyen plus efficace", "université de Coimbre", "il était décidé", "secret infaillible").
Elle se révèle sur plusieurs plans différents. C'est d'abord la logique, par les mots uniquement, de l'articulation qui réunit les paragraphes 1 et 2. Elle apparaît aussi toujours de manière contestable dans les chefs d'accusation qui sont donnés à propos des condamnés. Les quatres raisons données ne sont pas acceptables mais s'intègrent dans un système de relation de cause à effets : après avoir épousé sa commère, avoir arraché le lard d'un poulet, avoir parlé et avoir écouté, sont présentés comme des raisons suffisantes pour condamner à mort les 5 victimes.
Comme dans le chapitre consacré à la guerre, Voltaire utilise ici un procédé de décalage ironique propre à attirer l'attention du lecteur. L'autodafé qui est une exécution est présentée sur le mode du spectacle. On peut relever l'utilisation d'un champs lexical d'esthétique : "bel autodafé", "spectacle", "grande cérémonie", "belle musique", "cadence". Il faut aussi remarquer tout ce qui relève du soucis de l'esthétique, dans la description qui est faite de l'apparence vestimentaire du condamné. Les précisions concernant les mitres (qui servent à orner), puis les san-benito insistent avec beaucoup de complaisance sur des détails présentés comme importants sur le plan visuel alors que leur signification est autre. Cette façon de procéder relève du processus de détournement : il consiste à valoriser ce qui est en réalité horrible en attirant l'attention sur ce qui n'est pas l'essentiel mais l'essentiel est également donné ("furent brûlés, fut pendus").
Enfin, l'ironie passe par la rupture des lignes. En effet, sur un ton très détaché, et comme en passant, avec beaucoup de désinvolture, Voltaire rappelle que tout le cérémonial n'a servi à rien ("le même jour, la terre trembla de nouveau". L'ironie Voltairienne correspond tout à fait à la définition qui la présente comme l'affirmation du contraire de ce que l'on veut faire entendre. Il est donc utile de se demander ce que Voltaire veut faire ici comprendre.

II. LES CIBLES DE LA DENONCIATION
Dès le début du passage, Voltaire s'en prend aux croyances irraisonnées et irrationnelles qui établissent des liens entre des éléments qui n'ont rien à voir entre eux. Ainsi, le rapprochement entre le tremblement de terre, les sages, l'université, et la décision de condamner les gens au bûcher souligne un raisonnement faussement scientifique qui relève en réalité de la croyance magique. Il dénonce par là l'amalgame entre science et croyance, comme l'avait fait avant lui Bayle et Fontenelle. Dans le même ordre d'idée, on peut citer le rapprochement entre les termes "spectacles", "brûler à petit feu", "secret infaillible" et "tremblé". Il n'y a rien de logique et la démarche mise en relief relève de l'application de superstition. La critique menée ici s'inscrit tout à fait dans le combat philosophique de la superstition et des préjugés.
La dénonciation de l'intolérance porte sur la relation incohérente établie entre la cérémonie et sa raison officielle (1er paragraphe et liaison "logique" de "en conséquence"). La raison donnée cache en fait la lutte contre l'hérésie.
L'arbitraire des raisons invoquées pour chaque condamnation : on note la disproportion entre la châtiment (la mort) et le chef d'accusation : non respect d'une pratique imposée par le catholicisme, retour à des pratiques traditionnelles pour deux Portugais issus du Judaïsme, propos prétendument dangereux tenus par Pangloss, attitude simplement attentive du disciple.
L'horreur du châtiment et le caractère spectaculaire donné à la cérémonie. Une condamnation à mort est transformée en sacrifice magique, lui-même organisé comme un spectacle.
L'optimisme est l'objectif essentiel du conte. Les aventures dans lesquelles Voltaire place son héros ont pour finalité de lui faire comprendre que tout n'est pas pour le mieux. La découverte de l'arbitraire religieux et l'absurdité destructrice des superstitions doivent conduire Candide vers le doute. Candide s'interroge sur l'absence de relation de cause à effet dans ce qui lui arrive.

CONCLUSION
Alors, ce chapitre 6 est important sur plusieurs plans :
- l'histoire elle-même, son contexte.
- Voltaire prend le conte comme le support d'une double dénonciation, celle de l'intolérance et celle de la superstition qui s'inscrivent dans le combat philosophique et prenne tout leur sens et leur poids dans la bataille du 18ème siècle, pour les Droits de l'Homme, pour la tolérance et la raison.

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