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Commentaire composé : Le Mondain

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Vos 6 commentaires sur ce document

08 fév 2018 à 21h32 par anonyme :
Merci beaucoup

13 mai 2015 à 19h42 par Candice :
Commentaire « Le Mondain », Voltaire

« Le Mondain » est un poème de Voltaire, publié en 1736. Ce dernier, célèbre
philosophe des Lumières, a certes mené des nombreux combats d'idée (la défense de
Calas, le lutte pour la liberté d'expression, etc.) mais il a également mené une vie de
courtisan, appréciant le luxe et les raffinements de son époque.
C'est cet aspect de sa vie qu'il développe dans « le Mondain ». Il y fait l'apologie
du luxe et de la légèreté. Pour lui, les plaisirs matériels augmentent le bonheur des
hommes. Il s'agit donc d'étudier de quelle façon Voltaire envisage une vie heureuse.
Dans un premier temps, nous montrerons qu'il critique les temps passés,
inadaptés selon lui au bonheur puis nous nous intéresserons à son éloge du XVIIIème
siècle. Enfin, nous verrons en quoi « Le Mondain » propose une nouvelle conception du
bonheur.


« Le Mondain » propose tout d'abord une vision très négative du passé, qui selon
Voltaire, ne permettait pas d'accéder au bonheur.
Dès les premier vers, en employant l'expression « qui veut », Voltaire s'exclut du
groupe des nostalgiques du passé. Selon lui, le manque de biens matériels et de
civilisation ne rendait pas la vie agréable. Voltaire souhaite montrer que cette époque
était peu enviable car elle était primitive. Il représente le passé de façon stéréotypée en
évoquant la nudité et emploie une question de rhétorique pour renforcer son discours :
« qu'auraient-ils pu connaître ? » (v.33). Il a même tendance à exagérer et forcer un peu
le trait en utilisant l'hyperbole « ils n'avaient rien ». L'âge d'or, habituellement
considéré comme une époque parfaite, le meilleur des quatre âge, ne semble pas
l'intéresser. Le dernier vers de l'extrait donne une réponse et un point de vue définitif
sur le passé. En utilisant à nouveau une question de rhétorique, Voltaire conclut son
propos : « c'était pure ignorance ». Voltaire refuse ainsi l'idée selon laquelle l'homme
aurait régressé.
Pour renforcer son argumentation, Voltaire utilise fréquemment la tonalité
ironique. On la retrouve dans l'expression « bon vieux temps » ou également au vers 31,
lorsqu'il évoque « nos bons aïeux ». La tonalité devient plus polémique, lorsque Voltaire
semble mettre sur le même plan l' « âge d'or » et « le jardin de nos premiers parents »
(v.4) qui constitue une référence directe au jardin d'Eden. En effet, il n'accorde pas plus
de crédibilité à un mythe grec qu'à la religion. L'anaphore du « et » et la longue
énumération des premiers vers sont elles aussi ironiques car elles suggèrent que l'on
peut toujours regretter beaucoup d'éléments du passé. Par ailleurs, Voltaire traite la
Genèse avec une certaine trivialité lorsqu'il affirme « d'un bon vin frais ou la mousse ou
la sève / Ne gratta point le triste gosier d'Eve ». Voltaire discrédite même le récit sacré
de la Genèse en plaignant ironiquement Eve, qui n'avait pas la chance de boire du vin. Il
introduit donc des éléments matériels de son époque et plutôt triviaux dans un contexte
biblique.

Cette virulente critique du passé, permet à Voltaire, par opposition, de valoriser
davantage son époque, le XVIIIème siècle.

Voltaire exprime sa thèse très clairement à partir du v. 5 : il est heureux de vivre
en son temps. L'emploi du pronom personnel « moi » permet d'insister sur le contraste
avec ce qui a été précédemment dit. Plusieurs aspects de son époque le séduisent :
d'abord, son caractère « profane » (v.8), c'est-à-dire la distance prise avec les moeurs
imposés par la religion (on peut songer au libertinage de Voltaire). Ensuite, les vers 9, 10,
11 permettent d'énumérer les différents aspects de son époque. Le verbe « aimer » et
l'emploi de la 1ère personne montrent que Voltaire est sincère et s'engage
personnellement. La suite du poème semble accumuler toutes les qualités de son siècle.
La longueur des phrases et les répétitions (« et » au v. 17) permettent de montrer cette
abondance. On retrouve d'ailleurs le champ lexical de l'abondance tout au long du
poème (« source », « fertile »...). Enfin, le v 22 présente une oxymore qui résume la
pensée voltairienne. Le « superflu » devient une chose très « nécessaire ». A partir du v.
24, Voltaire évoque le commerce en impliquant directement son lecteur grâce à la 2e
personne et aux différentes questions. Il faut rappeler que le XVIIIème siècle est un
période de grand développement du commerce et que de plus en plus de denrées sont
importées tandis que le vin français s'exporte. L'argumentation de Voltaire est faite avec une certaine légèreté. L'enthousiasme de cet éloge apparaît au vers 21 grâce à la forme exclamative (« O le bon temps que ce siècle de fer »). A nouveau, il évoque le mythe des quatre âge et se situe volontairement
dans le plus dégradé (« l'âge de fer ») pour prendre le contrepied de toutes les théories
qui parlent d'un régression. L'antiphrase du v. 13 (« mon coeur très immonde ») montre
qu'il sait que son opinion peut choquer, en particulier les théologiens qui défendent les
vertus de la Genèse, mais que cela lui importe peu. On retrouve enfin la légèreté de
Voltaire lorsqu'il évoque les « sultans » enivrés, image réjouissante et destinée à
divertir.


Derrière cette argumentation légère, Voltaire défend une nouvelle conception du
bonheur qui entre en contradiction avec des valeurs religieuses si importantes à
l'époque de l'auteur.

Pour lui, il faut trouver le bonheur ici-bas, sans attendre un au-delà auquel il
n'aura jamais accès. Son bonheur réside donc entre ses mains et non entre celles de
Dieu. On le voit au vers 5 lorsqu'il affirme « je rends grâce à la nature » (au lieu de la
formule attendue « je rends grâce à Dieu »). C'est une parodie de la phrase biblique
traditionnellement employée; Par ailleurs, sa conception du bonheur, associée au luxe, aux plaisirs et à la possession ne contredit pas selon lui le fait d'être un « honnête homme » (v. 12). Il
s'oppose ainsi à la morale de l'époque et souhaite s'affranchir de toutes les contraintes
morales qui pèsent sur les hommes de son temps.

Dans « Le Mondain », Voltaire critique le passé pour mieux affirmer son
attachement au luxe et aux plaisirs propres à son temps. Il se réjouit d'être né dans un
siècle de progrès, de découvertes et de commerce. Le luxe est donc un bienfait collectif
qui permet d'avancer dans la recherche du bonheur. Cette conception rappelle celle que défend le Neveu de Rameau dans le dialogue éponyme. « Boire de bon vin, se gorger de mets délicats, se rouler sur de jolies femmes ; se reposer dans des lits bien mollets. Excepté cela, le reste n'est que vanité. »

19 oct 2011 à 22h50 par ... :
ou qu'il est le commentaire

28 déc 2010 à 16h10 par :
comment sa marche

21 sep 2010 à 21h18 par pearl :
merci!

26 oct 2006 à 04h20 par SAN :
AUCUN

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