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Commentaire composé : Elle achevait ceci, quand nous fûmes interrompus ...

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Vos 9 commentaires sur ce document

05 mar 2014 à 20h20 par Frederic :
Incomplet, vous ne précisez pas qu'il s'agit d'une société utopique et c'est là la critique majeure dans le texte.

30 oct 2013 à 23h48 par Jasmina :
Votre explication est trés riche et pleine de détails.Elle m'a tellement aidée à mieux comprendre le texte qu'on aborde au cours de la littérature.C'est vraiment compréhensible. Un gros merci de ma part! :)

25 avr 2012 à 17h05 par vincent parenteau de trois rivieres qc :
manger moi les fesses

25 avr 2012 à 17h04 par maxime dufresne de trois riviere qc :
c'est de la charogne

21 sep 2011 à 15h45 par Leech :
Leech powaaaaaa

10 oct 2010 à 15h39 par :
anthropocentrisme

28 sep 2010 à 17h48 par :
Ce commentaire est bien mais il faudrait mettre l'interprétation des arguments, en quoi cet argument répond au titre de la partie (et sous-partie).

04 mar 2010 à 17h33 par admin 193 :
sympas cmme commentaire ms doit etre plus detaillee pas mal nempeche

24 avr 2007 à 21h09 par melody :
CYRANO : LES ETATS ET EMPIRES DE LA LUNE ET DU SOLEIL

Introduction : Cyrano de Bergerac, écrivain du XVIIème siècle, écrit en s'inspirant du genre litéraire utopique, "Les Etats et Empires de la Lune et du Soleil" entre 1657 et 1662. Dans ce récit de voyage, il exprime sa philosophie matérialiste. Cet extrait est un texte libertin et une réalisation sous forme de fiction dans lequel Cyrano expose son opinion et propose un autre gouvernement. Une pie explique au voyageur le fonctionnement de l'Etat du Soleil.

Texte :

Elle achevait ceci, quand nous fûmes interrompus par l'arrivée d'un aigle qui se vint asseoir entre les rameaux d'un arbre assez proche du mien. Je voulus me lever pour me mettre à genoux devant lui, croyant que ce fût le roi, si ma pie de sa patte ne m'eût contenu en mon assiette. « Pensiez-vous donc, me dit-elle, que ce grand aigle fut notre souverain ? C'est une imagination de vous autres hommes, qui à cause que vous laissez commander aux plus grands, aux plus forts et aux plus cruels de vos compagnons, avez sottement cru, jugeant de toutes choses par vous, que l'aigle nous devait commander.

« Mais notre politique est bien autre ; car nous ne choisissons pour notre roi que le plus faible, le plus doux, et le plus pacifique ; encore le changeons nous tous les six mois, et nous le prenons faible, afin que le moindre à qui il aurait fait quelque tort, se pût venger de lui. Nous le choisissons doux, afin qu'il ne haïsse ni ne se fasse haïr de personne, et nous voulons qu'il soit d'une humeur pacifique, pour éviter la guerre, le canal de toutes les injustices.

« Chaque semaine, il tient les États, où tout le monde est reçu à se plaindre de lui. S'il se rencontre seulement trois oiseaux mal satisfaits de son gouvernement, il en est dépossédé, et l'on procède à une nouvelle élection.

« Pendant la journée que durent les États, notre roi est monté au sommet d'un grand if sur le bord d'un étang, les pieds et les ailes liés. Tous les oiseaux l'un après l'autre passent par-devant lui ; et si quelqu'un d'eux le sait coupable du dernier supplice, il le peut jeter à l'eau. Mais il faut que sur-le-champ il justifie la raison qu'il en a eue, autrement il est condamné à la mort triste. »

Je ne pus m'empêcher de l'interrompre pour lui demander ce qu'elle entendait par le mot triste et voici ce qu'elle me répliqua :

« Quand le crime d'un coupable est jugé si énorme, que la mort est trop peu de chose pour l'expier, on tâche d'en choisir une qui contienne la douleur de plusieurs, et l'on y procède de cette façon :

« Ceux d'entre nous qui ont la voix la plus mélancolique et la plus funèbre, sont délégués vers le coupable qu'on porte sur un funeste cyprès. Là ces tristes musiciens s'amassent autour de lui, et lui remplissent l'âme par l'oreille de chansons si lugubres et si tragiques, que l'amertume de son chagrin désordonnant l'économie de ses organes et lui pressant le coeur, il se consume à vue d'oeil, et meurt suffoqué de tristesse.

« Toutefois un tel spectacle n'arrive guère ; car comme nos rois sont fort doux, ils n'obligent jamais personne à vouloir pour se venger encourir une mort si cruelle.

« Celui qui règne à présent est une colombe dont l'humeur est si pacifique, que l'autre jour qu'il fallait accorder deux moineaux, on eut toutes les peines du monde à lui faire comprendre ce que c'était qu'inimitié. »



I - La présentation de la vie politique des oiseaux

A. Ils élisent un monarque faible

Un roi élu par les oiseaux, trois caractéristiques du roi : son caractère "doux", son physique "faible", sa caractéristique morale "pacifique" (adverbe d'insistance, gradation, rythme ternaire).
La pie représente le peuple (emploi du "nous").
B. Dont le pouvoir est sous contrôle

Utilisation du passif, jeu des pronoms = le roi n'est pas maître de ses actions.
Il est sous contrôle : "il en est dépossédé", le peuple a le pouvoir de condamner le roi (lexique de l'insatisfaction).
C. Et qui rend justice lors d'une assemblée hebdomadaire

Son assemblée est appelée "ses états" : il garde et maintient la paix.
La justice est la même pour tous, le roi subit la justice, elle est réciproque et garantie le maintient de la paix.
Le roi n'est pas élu pour commander mais pour maintenir la paix. Bien que les oiseaux soient gouvernés par un roi, le royaume se présente comme une république démocratique fondée sur la justice et la paix.



II - A la fois proche et opposée à celle du voyageur

A. Par la description d'un monde fort éloigné

Texte fantastique : dépaysement spacial, mise en scène originale (une pie parle à un homme).
Monde des oiseaux (champ lexical des oiseaux, de leur anatomie), le voyageur se trouve d'ailleurs dans un arbre.
B. Où cependant les oiseaux ressemblent aux hommes

Similitudes et ambiguïté "les pieds et les ailes liés", personnification des oiseaux ("parle", "s'assoit").
"La mort triste" : chagrin = sentiment humain.
Organisation du royaume avec le roi.
C. Le narrateur présente un autre ordre politique

Nombreuses oppositions : chez les hommes roi fort/roi faible chez les oiseaux, "grand, fort, cruel"/"faible, doux, pacifique", justice arbitraire/justice fondée sur la raison.
"notre politique est bien autre" : la pie énonce l'écart entre les deux mondes.
Négations, gradations, hyperboles, superlatifs mettant en valeur le monde de la pie et opposant violence et pacifisme.
Cyrano en utilisant la fantaisie et le dépaysement met deux mondes en regard. La place accordée au monde des oiseaux et la présentation méliorative et positive ne laissent aucun doute sur la portée critique du texte.



III - Vaut pour contestation

A. A travers un discours organisé

Connecteurs logiques nombreux ; thèse : le rôle du roi est de mettre son pouvoir au service du peuple. Le roi est choisi par les habitants, même justice pour tous, le roi est conciliateur et garant de la paix.
B. Cyrano soutient l'idée d'un "pouvoir de paix et justice"

Mépris sur la faculté intellectuele de l'homme, il dénonce la faiblesse intellectuelle ("imagination"/"raison").
Dévalorisation de l'homme sur le fait de respecter la grandeur physique au lieu de la grandeur intellectuelle.
Valorisation du monde des oiseaux (ironie et mépris de la pie = le monde de la pie est bien meilleur).
C. ... Et fustige l'intolérance humaine

A travers ce monde des oiseaux, Cyrano fait un réquisitoire à l'égard du pouvoir des hommes.
Il critique : le pouvoir conquis par la force, le pouvoir autoritaire et arbitraire, le roi qui cherche la conquête par la guerre.


Conclusion :

Cyrano raconte une histoire banale à travers laquelle il conteste les conventions, les règles de son propre pays. Il compare un monde imaginaire avec celui du voyageur (qui est en fait lui-même). Il présente le monde de la pie comme idéal. C'est dans cette description que se situe l'utopie du texte.
Par l'apologue, Cyrano construit la contestation du monde réel. Cyrano critique alors le gouvernement de son époque et l'enthropocentrisme (=homme au centre du monde).

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