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Dissertation : Tout homme qui ne voudrait que vivre vivrait heureux.

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Vos 2 commentaires sur ce document

24 déc 2016 à 19h56 par lala :
bonjour; en regardant la defintion du verbe vivre , j'avais pense a l'égoisme , mais je crois m'eêtre rompe, n'est ce pas ?

23 fév 2006 à 22h52 par bob :
Votre premier travail doit consister à donner une explication simple de cette citation afin de parvenir à formuler un problème précis. Ici, Rousseau commence par énoncer les conditions du bonheur : ne vouloir que vivre. Que faut-il entendre par là ? Afin de mieux comprendre le sens de cette formule, vous pouvez vous reporter au passage du livre 2 de l’Emile dans lequel Rousseau expose cette idée : « Tous les animaux ont exactement les facultés nécessaires pour se conserver. L'homme seul en a de superflues. N'est-il pas bien étrange que ce superflu soit l'instrument de sa misère ? Dans tout pays les bras d'un homme valent plus que sa subsistance. S'il était assez sage pour compter ce surplus pour rien, il aurait toujours le nécessaire, parce qu'il n'aurait jamais rien de trop. Les grands besoins, disait Favorin, naissent des grands biens ; et souvent le meilleur moyen de se donner les choses dont on manque est de s'ôter celles qu'on a. C'est à force de nous travailler pour augmenter notre bonheur, que nous le changeons en misère. Tout homme qui ne voudrait que vivre, vivrait heureux ; par conséquent il vivrait bon ; car où serait pour lui l'avantage d'être méchant ? ». Il commence donc par distinguer les hommes des animaux. Les animaux ont les facultés nécessaires pour se conserver. Il ne cherchent pas de surplus. Il veillent à leur conservation. Au contraire, les hommes ont des facultés qui dépassent leur simple besoin de subsistance. On pourrait, pour le formuler autrement, dire que les animaux sont des êtres de besoins alors que les hommes sont aussi des êtres de désirs. Ils ne se contentent donc pas simplement de ce qu’ils ont, de ce qui leur est nécessaire, mais cherchent souvent à posséder plus. C’est d’ailleurs ce que Rousseau nous décrit dès les premières pages de la deuxième partie du Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes lorsqu’il aborde la question de la naissance de la société civile. Cette dernière naît avec le premier homme qui plantant un piquet dit : « Ceci est à moi ». dès lors, Rousseau nous montre que les hommes vont entrer dans des rapports de rivalité et passer de l’être au paraître. Cette situation va être à l’origine des conflits et des guerres : la frontière entre ce qui est à moi et ce qui est à toi, est bien souvent ce qui fait naître les fronts. Ainsi, parce que l’homme ne se contente pas de ce qui lui est nécessaire pour vivre, il vit malheureux et devient méchant. Pourquoi ceci est-il cause de son malheur ? Parce qu’il prend sans cesse la mesure de ce qu’il n’a pas éprouve des manques et se compare à ce qu’il voudrait être et à ce qu’il voudrait avoir. Dès lors, si l’homme ne voulait que vivre c’est-à-dire savait se satisfaire de ce qui est nécessaire à sa vie, il vivrait heureux. Mieux encore, il serait en dehors de cette logique de comparaison, de rivalité et de conflit et n’aurait aucun avantage à être méchant. Est méchant, nous dit Rousseau, celui qui est malheureux et envieux. Rousseau nous montre alors que le malheur vient de notre société, de la société civile. C’est en ce sens qu’il la considère comme étant la source de nos maux. Certes, la société crée en permanence de nouveaux besoins et de nouveaux désirs, elle nous conduit à nous comparer, elle fait naître la rivalité ; mais on peut se demander ce que serait un homme qui ne voudrait que vivre. Est-ce nécessairement le malheur qui produit la méchanceté ? Par ailleurs, la méchanceté est définie comme le résultat d’un calcul ici : s’il n’y a aucun avantage à être méchant, nous ne le sommes pas. On peut donc interroger la formule de Rousseau à partir de ces divers points. Montrez ainsi que si l’homme se contentait simplement de vivre, il ne serait alors sans doute pas dans une vie sociale. Certes, la naissance de la société produit des maux, mais elle permet également à l’homme de se développer. L’approche de Rousseau ne conduit-elle pas à se retirer du monde ? Pourtant, l’idée selon laquelle les biens superflus sont les causes de notre malheur n’est pas nouvelle. Epicure prônait d’ailleurs, si on souhaitait vivre heureux de se limiter le mieux possible au nécessaire. Notez que cela impliquait également un certain retrait à l’égard du monde, une société qui se réduit à une société d’amis. Mais vous pouvez également penser aux analyses des stoïciens dans la recherche de la sagesse. La sagesse ne réside pas dans les richesses, mais dans la possession de ce qui est en notre pouvoir à savoir nos pensées. Vous pouvez alors montrer en quoi il s’agit aussi de se défaire des biens matériels et superflus. Notez qu’il s’agit là d’un reproche qu’on a pu faire à Sénèque qui, tout en défendant et promouvant la philosophie stoïcienne a pu être accusé de s’enrichir… Il faut donc vous demander à quelles conditions l'être de conscience que je suis peut parvenir au bonheur, en sachant que cette conscience peut faire son malheur. Quel genre de vie envisager alors, sans retomber dans l'animalité de la vie biologique ? Vous trouverez de nombreux éléments pour développer ces points en vous reportant aux sujets indiqués au bas de cette réponse. A partir de là, c’est à vous de formuler la problématique du sujet. Voilà les premières pistes que nous vous proposons. Nous espérons qu’elles vous seront utiles. N’hésitez pas à nous contacter

Commencez par vous demander pourquoi on vous pose la question afin de déterminer le problème du sujet. La question semble supposer qu’à vouloir plus que vivre nous ne vivons pas heureux. Elle suppose donc une cause déterminée à notre malheur à savoir ce désir, cette recherche d’un supplément à la simple vie. C’est à désirer trop, à vouloir trop que nous ne sommes pas heureux. Mais que faut-il plus précisément entendre par « plus que vivre » ou encore comment comprendre cette restriction « que vivre » ? C’est ainsi la définition du verbe « vivre » qu’on nous demande de commencer par déterminer. Ici, on peut immédiatement penser à Pascal dans ses pensées qui distingue ainsi le fait de vivre de celui d’espérer de vivre. Il commence ainsi par noter que nous ne vivons jamais dans le temps présent, nous vivons sans cesse dans des temps qui ne sont pas les nôtres, le passé, qui n’est plus, ou le futur, qui n’est pas encore, ainsi, nous ne vivons pas, nous espérons de vivre et cette attitude nous conduit immanquablement au malheur. Cette analyse peut vous permettre une première approche de la question posée. « Que vivre » consisterait ainsi à vivre pleinement, à jouir de l’existence au lieu de se transporter dans un temps autre qui n’est pas celui de la vie. Même si les analyses de pascal ne s’inscrivent pas dans la même tradition, elles peuvent également vous faire penser à certaines analyses de la tradition grecque antique. Pensez à l’épicurisme, par exemple, qui nous montre la nécessité de jouir de l’existence présente en refusant de se transporter, par l’imagination dans des mondes que nous ne connaîtrons jamais. Les analyses d’Epicure sur la mort nous montrent ainsi que la mort n’est pas à craindre car elle ne sera jamais pour nous un présent. Mais comment peut-on ne vouloir que vivre ? Est-ce une affaire de volonté ? Le propre de l’homme, en ce qu’il est un être de conscience, n’est-il pas sans cesse de se projeter dans des temps autres ? Faut-il alors considérer qu’en ce qu’il est un être de conscience, l’homme est condamné au malheur ? Vous trouverez de nombreux éléments pour développer ces points en vous reportant aux sujets indiqués au bas de cette réponse. A partir de là, c’est à vous de formuler la problématique du sujet. Voilà les premières pistes que nous vous proposons. Nous espérons qu’elles vous seront utiles. N’hésitez pas à nous contacter pour nous faire part de vos difficultés et de l’évolution de votre réflexion

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