Les Confessions : la chasse aux pommes

Confession : 3 sens

_l'aveu qu'un fidèle (le pénitent) fait de ses péchés devant un prêtre

s'achève par l'absolution des péchés (effacement d'une faute par le pardon, rémission des péchés)

_le fait de reconnaître une action blâmable en la racontant, et plus généralement encore le fait de se confier.

_on appelle une confession, une petite crypte. C'est un endroit très étroit où sont conservées des reliques de martyrs. Cette oeuvre serait donc comme une crypte où l'on voit les reliques de Rousseau se considérant comme un martyr.

 

C’est donc un titre à caractère religieux. Cependant le livre n’a aucune connotation religieuse. La dénomination que Rousseau choisit est impropre.

 

Les circonstances de l’écriture

A partir de 1761, Rousseau est de plus en plus obsédé par la hantise d'un complot qui se trame contre lui. En effet, ses écrits sont de plus en plus contestés: d'abord son ouvrage sur l'éducation L'Emile  (1762) puis la Profession de foi du Vicaire Savoyard, sont interdits. Menacé d'arrestation, Rousseau doit s'exiler en Suisse En 1764, il est vivement mis en cause par Voltaire qui, dans un pamphlet anonyme, le Sentiment des citoyens, lui reproche principalement l'abandon de ses cinq enfants à l'assistance publique (ce geste, Jean-Jacques le regrette, et même s'il a tout fait pour venir en aide à Thérèse Levasseur, la mère de ses enfants, il en éprouve toujours le plus vif remords). De plus, il se croit gravement malade et pense qu'il va mourir sous peu. C'est dans ces circonstances défavorables qu'il entreprend, début 1765, la rédaction des Confessions.

 

Le projet autobiographique

  Même si Dieu est évoqué dans le préambule, Rousseau s'adresse surtout aux hommes, et l'aveu des fautes n'obéit pas vraiment à une intention religieuse. Ainsi, il fournit des justifications plus que des aveux. Lorsqu'il évoque des fautes graves (le plaisir coupable ressenti lors de la fessée, le vol du ruban et l'accusation d'une innocente, l'abandon de M. Le Maître à Lyon), il excuse ses torts, ne dit pas ressentir de regret.

Par ailleurs, Rousseau souhaite captiver son lecteur durant des centaines de pages, l'intéresser à sa vie. Pour atteindre ce but, l'écrivain doit donc faire en sorte que son lecteur joue un rôle dans l'oeuvre et qu'il s'attache au personnage principal. C'est pourquoi il s'adresse souvent à lui comme à un ami. Les confessions sont aussi des confidences. il y a aussi dans son oeuvre une dimension plus universelle: il souhaite rétablir la vérité sur l'homme. En montrant que la société condamne parfois à tort, sur des apparences et sans jugement, il prétend donc oeuvrer pour l'humanité toute entière et se poser en témoin de l'humanité dans l'homme. Enfin, lorsqu'il entame la rédaction des Confessions, Rousseau ne saurait se contenter d'écrire l'histoire de sa vie dans le simple but de parler de lui.

 

Commentaire composé

Introduction

Lorsque J.J. Rousseau écrit les confessions entre 1765 et 1770 il se réapproprie un genre et fonde les canons du récit de vie dans le prolongement d’une tradition héritée de l’Antiquité

L’extrait soumis à notre réflexion, tiré du livre 1 de cette somme autobiographique, relate l’épisode d’une chasse aux pommes transgressives au cours de laquelle le narrateur enfant est surpris par son maître. L’enfant se voit infliger un châtiment corporel qui suscite les commentaires et la réflexion rétrospective du narrateur adulte, inspirés de certaines thèses développées dans Le contrat social et la nouvelle Héloise.

Il va sans dire que devant la banalité de ce récit anecdotique semble se dissimuler un réseau de significations complexes qu’il faudra mettre à jour afin de circonscrire les enjeux du projet autobiographique proposé par Rousseau.

C’est dans cette perspective que nous lirons d’abord ce texte comme la recomposition d’une scène passée, confrontée ensuite à la perspective d’un narrateur plus âgé et enfin comme une scène chargée de restituer une vision significative du monde de l’auteur.

 

ILa recomposition d’une scène passée

1.1Le Chronotope

recomposition qui met en place un chronotope temps +espace : traitement de la temporalité permet de rendre compte de la disposition du texte en 4§ chacun rendant compte d’une action.

1.2La structure du récit

§1 et 2 description du souvenir minutieuse et ce termine avec une sensibilisation du lecteur a sa cause

la dernière partie est la justification de ces actes. On part du particulier vers le générale

1.3 Raconter c’est argumenter

Pour Rousseau, la maison est un lieu de culture. Elle est en opposition avec la nature (incarnation du paradis perdu) pour lui, la culture le symbole de la déchéance

Séparation entre la nature et la culture dont la barrière symbolique est incarné par la jalousie mais aussi entre l’opulence du riche et le néant du pauvre.

 

Rousseau prend soin de restituer sa faute dans un contexte spatiale et temporelle. Raconter sa faute lui permet de se justifier et d’exposer ses thèses sur le monde.

Il s’exprime de façon sous-jacente en mettant en place un narrateur adulte double du personnage de l’enfant.

 

 

II Une scène confrontée à la perspective d’un narrateur situé à distance des événements

 

2.1 Un double regard par le jeu des temps du récit et des temps du discours

Le présent alterne avec temps du passé. L’enfant se charge de la recomposition objective de la scène de la tentative de vol et l’adulte suggère l’interprétation politique de l’événement.

 

 

2.2 La double stylisation et les choix d’écriture

Les 2 regards se fondent l’un dans l’autre. Commentaire ironique = adulte

Certaines phrases sont exprimées avec beaucoup de recule. Regard rétrospectif qui explique l’emploi des registres épique et comique. Il situe son histoire dans un contexte héroïque et religieux

Son anecdote est donc sérieuse et ludique donc on a ici une stylisation basse

L’adulte stylise l’épisode

 

Le double regard rend compte des choix stylistique. Il y a une tentative de renouer avec le passé double stylisation ironique ou sublime .L’auteur manifeste tendresse et ironie.

 

III Le sens de la restitution de l’anecdote dans la vision du monde de l’auteur

 

3.1Brouillage, récit et discours interprétatif

Son discours s’énonce au temps du récit donc on a le sentiment que c’est le narrateur enfant qui continue de parler.( artifice rhétorique)il énonce une théorie sur les inégalité a travers le monde ; C’est en fait une rationalisation de l’épisode. On pense que c’est la réflexion de l’enfant.

3.2 La référence aux catégories philosophiques

Rousseau fait un plaidoyer pour que le lecteur ne l’assimile pas a un lecteur. Il part d’une distinction philosophique entre essence et accident. Il fait de l’inégalité qui engendre une souffrance et le pousse à voler. Il veut faire croire qu’il à tjrs été un être pur par essence et que ceux kil on jugé on confondu essence et accident. Son innocence est démontrée dans son projet autobiographique. Pour lui voler est une action consciente qui répond à celle du maître : le fort frappe le faible.

3.3Un manifeste social éducatif

le rapport de l’enfant à l’adulte est a remettre en cause. R. pensait qu’un rapport de force ac les enfants n’était pas nécessaire. Pour prévenir ce type d’égarement il faudrait instaurer une société+égalitaire. Ce dernier § apparaît comme une légitimation.

 

Cette anecdote biographique est donc un manifeste social, éducatif et anthropologique.

C’est une réflexion philosophique qui appartient à la réflexion de l’adulte

Il donne à sa thèse la caution de l’enfance, de l’innocence et de l’objectivité. Rousseau est loin de se repentir, Il s’agit d’un discours revendicatif

== >éloge paradoxal du vol

 

 

Conclusion

L’étude ce texte fait apparaître le projet autobiographique de Rousseau . Raconter le passé en le recomposant, renouer avec lui en le passant à travers la vision d’un narrateur adulte, lui conférer des significations multiples qui transforment l’anecdote en un manifeste.

Il reste à dire que le terme de Confessions qu rousseau reprend a st Augustin s’écarte du sens religieux. Il fait de la confession un acte profane dont l’esthétique ouvre la voie au genre autobiographique qui connaîtra la descendance et l’évolution qu’on lui sait.