Figures III

 

·         ORDRE 

 

* « Il y a le temps de la chose racontée et le temps du récit ». Dualité temporelle.

* le récit écrit ne peut être situé, actualisé que dans un temps qui est celui de la lecture.

* le livre doit être lu de façon diachronique. Il est tenu par la linéarité.

*le texte narratif n’a pas d’autre temporalité que celle qu’il emprunte à sa propre lecture.

 

Anachronie : différentes formes de discordances entre l’ordre de l’histoire et l’ordre du récit.

Degré zéro : état de parfaite coïncidence temporelle entre récit et histoire.

 

Portée : Une anachronie peut se porter dans le passé ou dans l’avenir, plus ou moins loin du moment présent, c'est-à-dire du moment de l’histoire où le récit s’est interrompu pour lui faire place.

Amplitude : elle peut ouvrir elle-même une durée d’histoire plus ou moins longue.

 

·         Analepse: anachronie de détail.

* Récit premier : niveau temporel de récit par rapport auquel une anachronie se définit comme telle.

* Analepse externe : toute l’amplitude reste extérieure à celle du récit premier.

* Analepse interne : toute l’amplitude reste intérieure à celle du récit premier.

 

Hétérodiégétique : portant sur une ligne d’histoire, et qui a donc un contenu diégétique différent du récit premier.

Homodiégétique : portant sur une même ligne d’action que le récit premier ; risque d’interférence évident.

 

Analepse complétive : (= renvoi) comprend des segments rétrospectifs qui viennent après coup combler un vide antérieur. Logique narrative indépendante de l’écoulement du temps.

Analepse répétitive : (= rappel) redondance ; le récit revient sur ses propres traces.

Analepse mixte : déterminée par une caractéristique d’amplitude, puisqu’il s’agit d’analepse externe qui se prolonge jusqu’à rejoindre et dépasser le récit premier.

Analepse partielle : récit analeptique s’interrompt franchement sur une ellipse et le récit premier reprend là où il s’était arrêté soit de manière implicite, soit de manière explicite.

 

·        Prolepse : anticipation ou prolepse temporelle ; elle est moins fréquente.

le récit à la première personne se prête mieux qu’aucun autre à l’anticipation, du fait même de son caractère rétrospectif déclaré qui autorise le narrateur à des allusions à l’avenir.

Prolepse interne : problème de l’interférence, de l’éventuel double emploi entre le récit premier et celui qu’assure le segment proleptique.

Prolepse itérative : renvoient à fréquence narrative ; elles réfèrent d’avance à un évènement qui sera en son temps raconté tout au long du récit. Rôle d’annonce.

Formule canonique : « nous verrons » « on verra plus tard » ; ne pas confondre avec les amorces, les pierres d’attente.

 

 

·         DUREE

 

·        Anisochronie :

Isochronie : coïncidence entre succession diégétique et succession narrative ; degré zéro.

Récit isochrone : récit à vitesse égale, sans accélération ni ralentissement, où le rapport durée d’histoire / longueur de récit resterait toujours constant. (Cela n’existe pas)

Un récit peut se passer d’anachronies, mais il ne peut aller sans anisochronies (sans effets de rythmes.) le récit a une discontinuité croissante.

* Théoriquement, il existe une gradation continue depuis cette vitesse infinie qui est celle de l’ellipse, où un segment nul de récit correspond à une durée quelconque d’histoire, jusqu’à cette lenteur absolue qui est celle de la pause descriptive, où un segment quelconque du discours narratif correspond à une durée diégétique nulle.

 

* Il y a 4 étapes fondamentales du mouvement narratif :

- ellipse : absence du récit sommaire, absence de la pause descriptive.

Ellipse explicite : procède soit par indication du laps de temps qu’elles élident , ce qui les assimilent à des sommaires très rapides, de types « qq. années passèrent ».

Ellipse implicite : celle dont la présence n’est pas déclarée dans le texte et que le lecteur peut seulement inférer de qq. lacune chronologique ou solution de continuité narrative.

Ellipse hypothétique : impossible à localiser.

- pause (description)

- scène (le plus souvent dialoguée)

- récit sommaire (forme à mouvement variable) : la narration en quelques paragraphes ou qq. pages de plusieurs journées, mois ou années d’existence, sans détails d’actions ou de paroles.

 

  • FREQUENCE

 

Fréquence narrative : relation de fréquence, de répétition entre récit et diégèse. Un évènement n’est pas seulement capable de se produire, il peut se reproduire ou se répéter.

 

Dans la répétition des évènements narrés et des énoncés narratifs s’établit un système de relation que l’on peut ramener à 4 types virtuels :

- évènement répété. 

- évènement non répété.

- énoncé répété.

- énoncé non répété. 

 

* Itération généralisante ou externe : le champ temporel couvert par le segment itératif déborde évidemment de beaucoup celui de la scène où il s’insère.

* Itération synthétisante ou interne : consiste à traiter partiellement de façon itérative la durée de cette scène elle –même, dès lors synthétisée par une sorte de classement paradigmatique des évènements qui la composent.

* Le pseudo itératif : scènes présentées en particulier par leur rédaction à l’imparfait, comme itératives, alors que la richesse et la précision des détails font qu’aucun lecteur ne peut croire sérieusement qu’elles se sont produites et reproduites ainsi, plusieurs fois sans aucune variation.

 

Tout récit itératif est une narration synthétique des évènements produits et reproduits au cours d’une série itérative composée d’un certain nombre d’unités singulières.

Détermination : indication des limites diachroniques ; dans le roman, c’est déterminé par le début et la fin.

Spécification : elle peut être indéfinie, c'est-à-dire marquée par un adverbe « parfois ; certains jours….. » ; elle peut être définie d’une manière absolue.

Extension : une unité itérative peut être d’une durée si faible qu’elle ne donne prise à aucune expansion narrative.

La détermination ne marque pas seulement les limites extérieures d’une série itérative ; elle peut aussi bien en scander les étapes et la diviser en sous séries.

 

DIACHRONIE INTERNE ET DIACHRONIE EXTERNE

* alternance itératif / singulatif :

- le segment itératif à fonction descriptive ou explicative subordonné à une scène singulative.

- le segment singulatif à fonction illustrative subordonnée à un développement itératif.

Il existe une structure plus complexe : une anecdote singulière vient illustrer un développement itératif lui-même subordonné à une scène singulative.

 

* il existe des segments neutres, aspectuellement indéterminés, dont la fonction semble être d’empêcher le lecteur de s’apercevoir du changement d’aspect.

- excursus discursif au présent.

- dialogue sans verbe déclaratif.

- consiste à interposer entre itératif et singulatif des imparfaits dont la valeur aspectuelle reste indéterminée.

 

  • MODE

* la fonction du récit est de raconter une histoire donc de « rapporter des faits », mode indicatif. Une distance peut être crée ; distance et perspective sont les 2 modalités essentielles de cette régulation de l’information narrative qu’est la mode.

 

Distance : Platon ; livre 3 La république.

Il oppose 2 modes narratifs « selon que le poète parle en son nom sans chercher à nous faire croire que c’est un autre que lui qui parle » RECIT PUR ou il s’efforce » de donner l’illusion que ce n’est pas lui qui parle » IMITATION ; MIMESIS.

 

Récit d’évènement : qq’en soit le mode, il est toujours récit, c'est-à-dire transcription du supposé non verbal en verbal. La présence du narrateur est constante. Beaucoup d’info.

 

Récit de paroles :

* discours imité : fictivement rapporté tel qu’il est censé avoir été rapporté par le personnage. (Homère)

* discours narrativisé : traité comme un évènement parmi d’autres et assumé comme tel par le narrateur. (Platon)

 

Perspective : narrative ; second mode de régulation de l’info. qui procède du choix ou non d’un point de vue restrictif.

 

Focalisation

 

Altération : infractions isolées.

* omission latérale  ou paralipse : c’est dans le code de la focalisation interne, l’omission de telle ou telle action ou pensée importante du héros focal ; que ni le héros ni le narrateur ne peuvent ignorer. Mais que le narrateur choisit de dissimuler au lecteur.

* excès d’informations ou paralepse : peut consister en une incursion dans la conscience d’un personnage. Dans focalisation externe.

 

Polymodalité : emploi de la première personne, autrement dit l’identité de personne du narrateur et du héros n’impliquent nullement une focalisation du récit sur le héros.

 

  • VOIX

L’instance narrative :

* L’histoire ne va pas ici sans une part de discours.

* même le récit historique : implique en son prétérit une antériorité de l’histoire sur la narration.

 

Voix : « aspect de l’action verbale considérée dans ses rapports avec le sujet ». le sujet n’étant pas ici seulement celui qui accomplit ou subit l’action mais aussi celui qui la rapporte et éventuellement tout ceux qui participent à cette activité narrative.

 

Une situation narrative est un ensemble complexe dans lequel l’analyse, ou simplement la description, ne peut distinguer qu’en déchiffrant un tissu de relations étroites entre l’acte narratif, ses protagonistes, ses déterminations spatio-temporelles, son rapport aux autres situations narratives impliquées dans le même récit.

 

  • LE TEMPS DE LA NARRATION :

* Principale détermination temporelle de l’instance narrative est évidemment sa position relative par rapport à l’histoire. Elle ne peut être que postérieure à ce qu’elle raconte.

*La narration au passé peut en qq. sorte se fragmenter pour s’insérer entre les divers moments de l’histoire comme une sorte de reportage + ou – immédiat. C’est une pratique courante de la correspondance et du journal intime et donc du roman épistolaire ou du récit en forme de journal.

 

* 4 types de narration :

- ultérieure : position classique du récit au passé, sans doute de très loin la plus fréquente.

- antérieure : récit prédictif, généralement au futur, mais que rien n’interdit de conduire au présent.

- simultanée : récit au présent contemporain de l’action ; coïncidence rigoureuse.

- intercalée : entre les moments de l’action ; il s’agit d’une narration à plusieurs instances, l’histoire et la narration peuvent s’enchevêtrer de telle sorte que la seconde réagisse la première.

Dans le roman épistolaire à plusieurs correspondants où la lettre est à la fois medium du récit et élément de l’intrigue.

 

La très grande proximité entre histoire et narration produit ici le plus souvent un effet très subtil de frottement entre le léger décalage temporel du récit d’évènement et la simultanéité absolue dans l’exposé des pensées et des sentiments.

 

  • NIVEAUX NARRATIFS :

* Différences de niveaux : tout évènement raconté par un récit est à un niveau diégétique immédiatement supérieur à celui où se situe l’acte narratif producteur de ce récit.

* Le récit metadiégétique : récit au second degré.

 

Principaux types de relations qui peuvent unir ce récit :

- causalité directe entre les évènements de la metadiégèse et ceux de la diégèse, qui confère au récit second une fonction explicative.

- relation purement thématique qui n’implique donc aucune continuité spatio-temporelle entre metadiégèse et diégèse.

- ne comporte aucune relation explicite entre les 2 niveaux d’histoire : c’est l’acte de narration lui-même qui remplit une fonction dans la diégèse indépendamment du contenu metadiégétique : fonction de distraction ou d’obstruction par exemple.

 

  • METALEPSE :

*Le paysage d’un niveau narratif à l’autre ne peut être assuré que par la narration, acte qui consiste à introduire dans une situation par le moyen d’un discours la connaissance d’une autre situation.

 

Récit hétérodiégétique : récit à narrateur absent de l’histoire qu’il raconte.

Récit homodiégétique : récit à narrateur présent comme personnage dans l’histoire qu’il raconte.

 

  • FONCTION DU NARRATEUR :

* L’histoire et la fonction qui s’y rapporte est la fonction proprement narrative, dont aucun narrateur ne peut se détourner sans perdre en même temps sa qualité de narrateur.

 

* Le texte narratif auquel le narrateur peut se référer dans un discours métalinguistique pour en marquer les articulations……= l’organisation interne.

 

* Situation narrative : les 2 protagonistes sont le narrataire présent, absent, ou virtuel et le narrateur lui-même.

A l’orientation vers le narrataire, au souci d’établir ou de maintenir avec lui un contact, voire un dialogue correspond une fonction qui rappelle à la fois la fonction phatique (vérifier le contact), et la fonction conative (agir sur le destinataire) de Jakobson.

L’orientation du narrateur vers lui-même, enfin, détermine une fonction émotive, c’est celle qui rend compte de la part que le narrateur prend à l’histoire qu’il raconte, du rapport qu’il entretient avec elle.

 

* Narrataire : comme le narrateur, il fait parti des éléments de la situation narrative et se place au même niveau diégétique.