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Acte I scène 14
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LES FAUSSES CONFIDENCES (I,14)
-Marivaux, 1688-
Le 18e siècle est passionné de théâtre (Voltaire, Rousseau). Diderot et Rousseau ont écrit beaucoup d'articles sur le théâtre (Lettres à d'Alembert). Avec genre définit : comédie/tragédie.
Choix : Marivaux, Beaumarchais (Barbier de Séville, Mariage de Figaro.
Le ton change au 18e siècle, sensibilité / émotion. Y compris dans la comédie ainsi que le goût de la morale et du bien. Siècle plus marqué par la séparation entre les deux genres. Goût de l'esprit, donc conscience du langage, jeux sur les mots, donc conscience du pouvoir de la langue et des mots, peut faire agir. Marivaux aime l'esprit (Þ sourire de distance). Marivaux n'est jamais tragique.
L'auteur : Marivaux est noble (deux particules), discret sur sa propre vie, il a écrit 27 pièces de théâtre et également, romancier et journaliste.
Roman : La vie de Marianne et paysan parvenu. Þ Psychologie et amour pour pièce de théâtre. Il a crée le "spectateur français" : périodique à l'image d'un périodique anglais. Spectateur : j'observe et je suis en retrait. Il a crée ses personnages mais les regarde de loin (les voir agir). Marivaux n'a pas beaucoup de succès de son vivant car sa psychologie était trop complexe. Conséquence : comédie larmoyante (on aime pleurer) on s'attendrit donc on pleure. Þ Le domaine bourgeois (que crée Diderot). "L'île des esclaves" de Marivaux, un acte, relation maître / valet, condition sociale. "La colonie" Þ femme, "la dispute".
Araminte : noble et veuve
Dorante : neveu de M. Rémy
Le comte : prétendant d'Araminte
Mme Argante : mère d'Araminte
M. Rémy : oncle de Dorante
Arlequin : valet d'Araminte
Dubois : Ancien valet de Dorante au service d'Araminte
Marton : servante d'Araminte
Situation initiale : Dorante aime Araminte qui doit se marier avec le comte.
Situation finale : Araminte et Dorante s'aiment et se marient.
Objectif : Il faut qu'Araminte tombe amoureuse de Dorante.
Opposants : Mme Argante, Le comte, M. Rémy qui promet Dorante à Marton et Marton. Araminte n'est, ni pour ni contre, mais rapidement Araminte va tombée amoureuse de Dorante mais inconsciemment.
Dubois élabore une stratégie pour qu'Araminte aime Dorante.
Þ Comment ses sentiments inconscient vont devenir conscient ?
Victime : Marton.
Acte I scène 14
résumé
Dubois avoue à Araminte que Dorante l'aime. Entre temps M. Rémy "marie" Dorante et Marton (essaye). Þ Grande ambiguïté car Dorante ne dit pas "non" (cf. I, sc 3 à 5), mise en place de l'élément d'intrigue autour de Marton.
Acte I scène 6 : Arrivée d'Araminte pour la première fois. Araminte trouve Dorante bien fait de sa personne, il ne lui est pas du tout indifférent (Acte I, scène 7 à 9)
Acte I scène 10 : première fois que Mme Argante rentre en scène. De la scène 10 à 12, Mme Argante tente de convaincre Dorante de faire un faux témoignage. Dorante refuse et le dit à Araminte, il fait preuve de sa bonne foi et de son honnêteté (sc 12). De la scène 10 à 12, c'est surtout le portrait de la mère.
Scène 13 : Dubois feint de surprendre Dorante et Araminte et fait semblant d'être surpris
Þ fausse irruption, tout est prémédité. C'est le début de l'intrigue.
Scène 14
Introduction : Araminte est mise au courant de l'amour de Dorante. Ce n'est qu'une stratégie de Dubois. On est averti qu'il y a un complot qu'Araminte ne connaît pas. Þ on ne comprend pas la confidence. Comme Araminte n'a pas le même point de vue
Þ première fausse confidence (cf. titre de la pièce)
Habilité de la part de Dubois puisqu' Araminte est flattée (car confidence est quelque chose d'intime). Attention, une confidence est différent d'un mensonge. Dubois dit la vérité car c'est l'essentiel mais c'est une fausse confidence puisque c'est une confidence intéressée, pour manipuler Araminte Þ grande part d'hypocrisie. C'est vrai, mais la confidence est enjolivée et on ne peut pas savoir ce qui est vrai.
Plan de la scène :
Scène 13 : indissociable de la scène 14. Dubois exagère sa surprise (cf. "feint").
Scène 14 : 1. Confidence (préliminaire)
2. La confidence elle-même :
* Aveux que Dorante aime Araminte
* "flash-back"= récit, crée au début un "suspense"
3. Après la confidence (ligne 12 à la fin)
4. Dubois fait durer pour faire prendre de l'ampleur, il insiste sur les qualités de Dorante, il ne doit pas le dénigrer car Araminte ne l'aimera plus. "Timbré" = langage familier + cf. didascalie.
Champ lexical de la folie : "folie", ""fou", "extravagant", "cervelle brulée", "esprit renversé"… Þ devient drôle car le lecteur sait que c'est faux. Araminte a pitié de Dorante car il est malade, irresponsable, fou Þ l'amour est présenté comme une folie. Dubois réussit a susciter la jalousie d'Araminte (plan qui n'aurait jamais réussi si Araminte n'avait pas été attirée dès le début). Þ Comique car Araminte est jalouse d'elle-même et curieuse sans le savoir. Une veuve est beaucoup plus libre qu'une jeune femme, elle faire des réflexions. Dubois avoue à Araminte que c'est elle, il retarde encore le moment (cf. l'ordre des mots), il pousse l'art d'insinuer très loin.
Dans Marivaux, le langage par définition n'est pas clair, il suggère les choses au lieu de les dire directement, il faut donc toujours interpréter. On dit les choses clairement, on a déjà compris et il n'y a plus rien à faire. Tout est hyperbolique.
Dorante se contente d'une image (cf. Moyen-age). Pour Marivaux, le coup de foudre = pris au piège d'une image, Þ Dorante est amoureux d'une image (cf. dernière tirade de la pièce : "l'original" = Araminte). Dubois réussit à faire susciter la pitié et non la colère.
Première tactique : amour = folie
Deuxième tactique : susciter la jalousie d'Araminte en lui disant que Dorante attire les femmes en général pas une en particulier. Donc c'est une rivale d'Araminte Þ dangereuse car prend les moyens d'arriver à ses fins.
Dans l'inconscient d'Araminte, la femme brune = modèle car Araminte ne peut faire tous ce qu'elle veut. Dubois donne à Araminte une image qu'elle pourrait copier Þ Dubois réussit (cf. "avec négligence"). Araminte feint de ne pas y attacher trop d'intérêt.
Double niveau : sentiments apparents et sentiments profonds (au début). Le but de la pièce est que ce qui est inconscient devienne conscient.
Dubois dit que Dorante n'aime pas la brume Þ alarme et rassure Araminte car Dorante est amoureux fou.
Lecture méthodique
Acte I scène 14 : début : Araminte:" Mais, où m'a t-il vue" jusqu'à "car je suis bien au dessus de cela"
Situation de la scène : scène importante car c'est la scène entre Araminte et Dubois. Dubois vient d'avouer à Araminte que Dorante aime une femme, Araminte. Elle demande un supplément d'explication.
Axes de lectures :
1. L'art du récit
2. La tactique de Dubois (manipulation d'Araminte) surtout les aspects psychologiques.
Axe 1
Récit = interruption de l'action, les dialogues sont assez rares au théâtre. (Marivaux était romancier, aimait le romanesque, il a écrit des romans avant les pièces de théâtre). Dubois fait le récit du coup de foudre de Dorante et des conséquences : flash-back, dimension dans l'espace (cf. "les tuileries", "l'opéra",…) le récit permet à élargir le temps et l'espace. construction du récit : Dubois qui parle presque tout le temps. Araminte ne fait que quelques commentaires. Construit de façon chronologique, part du plus loin. Maintenant (cf. temps plus articulation chronologique) "un jour que, c'était un vendredi, dès le lendemain du matin au soir, à la fin, deux jours après, au retour, ensuite". Dubois insiste pour que son récit ressemble à une caricature.
Temps : passé : "fut, trouvit…", imparfait et présent. Remarques au présent : ne pas perdre le fil du dialogue Þ montre qu'il n'a pas prémédité le récit. Il fait l'éloge de Dorante au présent. Utilisation constante de l'exagération pour dépeindre l'amour de Dorante (présenté comme une folie). Champ lexical des termes hyperboliques : extasier, égaré, "il n'y avait plus personne au logis", "nous allions toute la soirée habiter la rue" (métaphore et hyperbole), folie= être porté à la déraison, déjà un terme hyperbolique.
Dubois a une tactique subtile pour manipuler Araminte dans ce récit.
Axe 2
La tactique de Dubois. Dubois se sert d'Araminte et de Dorante.
1. Tactique à l'égard d'Araminte :
2. Il essaye de susciter la jalousie d'Araminte. Dubois donne à Araminte une image d'elle-même séduisante. Idéalisée : Araminte à "créer" un coup de foudre sans le vouloir, elle a fait perdre la tête à Dorante (ce bon sens, cet esprit jovial, p 65). Araminte devient une véritable héroïne de roman car Dubois la présente dans las cas sociaux les plus intéressants, elle est présentée comme une sorte de Parisienne inaccessible, et suscite une passion. Elle est présentée comme une personne romanesque. Tactique à l'égard de Dorante :
Un personnage de roman, il a toutes les qualités sauf qu'il n'a pas d'argent, il est plein de mérite, il est fidèle et se satisfait de peu. Dubois sous-entend que Dorante est prêt à tout faire pour Araminte. Cet amour est présenté comme un roman, il a déjà un passé Þ cliché romanesque. Dubois, pour être plus persuasif s'inclus dans la situation ("nous"). Côté comique : séduire Araminte (serviteur très attaché à son maître). Dans la dernière réplique du bac, Araminte est sincère (amour inconscient). Il y a toujours un double niveau, le conscient et l'inconscient. Le spectateur est supérieur car il comprend avant elle.
Conclusion
La première fois qu'on voit Dubois met en œuvre sa tactique qu'on ne connaissait pas. Il est très habile. La tactique permet : elle va être piégée dans une image idéale d'elle-même et elle veut la garder, même le guérir.
Conclusion de l'acte I
* Un univers très familier : toute la scène se passe dans la maison. Marivaux donne une impression de pénétrer dans l'ambiance familière.
* Arrivée d'un intendant Þ bouleversement. Mise en route de la machination (en secret par Dorante et Dubois = complot). Première fausse confidence. L'intrigue est engagée. Fonction dramatique = une fonction dans l'action et pour l'action
* Arlequin est valet traditionnel de la comédie italienne. Les rôles de farces lui sont réservés, il fait rire par sa sottise rusée. Il n'est pas intelligent mais il est malin et rusé. Il est fait de stéréotypes. Il ne comprend rien sauf pour l'argent, tous ce qu'il veut bien boire et manger. Il dit les choses crûment, il est le seul qui ne joue pas avec les mots. Arlequin a une fonction secondaire différente de Dubois.
Dernière réplique de l'acte I "allons faire jouer toutes nos batteries": Þ introduit comme un plan de guerre pour l'acte II.
