Joseph Kessel (Clara, Argentine, 31 janvier 1898 - Avernes, Val-d'Oise, 23 juillet 1979) était un romancier français d'origine russe, élu à l'Académie française en 1962 au fauteuil 27.
Fils d'un médecin juif d'origine lituanienne, formé en France et exerçant en Amérique du Sud, Joseph Kessel vécut en Argentine ses toutes premières années, puis à Orenbourg, sur l'Oural, avant de revenir s'installer en France.
Il fit ses études secondaires au lycée Masséna à Nice puis au lycée Louis-le-Grand à Paris.
Infirmier brancardier durant quelques mois en 1914, il obtint en 1915 une licence de lettres et se trouva engagé dès dix-sept ans au Journal des Débats dans le service de politique étrangère.
Fin 1916, Joseph Kessel choisissait de prendre part aux combats, et s'enrôlait comme engagé volontaire, dans l'artillerie puis dans l'aviation, où il allait servir au sein de l'escadrilles S.39. De cet épisode, il tirerait plus tard le sujet de son premier grand succès,
L'équipage.
A la fin du conflit, Kessel demanda la nationalité française à sa majorité et portait la croix de guerre, la médaille militaire, et avait déjà fait deux fois le tour du monde.
Il reprit sa collaboration au Journal des Débats, écrivit également à La Liberté, au Figaro, au Mercure, etc. Il entama une double carrière de grand reporter et de romancier. Il suivit alors le drame de la révolution irlandaise et d'Israël au début de son indépendance ; il explora les bas-fonds de Berlin ; au Sahara, il vola sur les premières lignes de l'Aéropostale, et navigua avec les négriers de la mer Rouge.
Correspondant de guerre en 1939-40, il rejoignit après la défaite la Résistance (réseau Carte), avec son neveu
Maurice Druon. C?est également avec celui-ci qu'il franchit clandestinement les Pyrénées pour gagner Londres et s'engager dans les Forces Françaises Libres du général de Gaulle.
En mai 1943, les deux hommes composaient les paroles du
Chant des Partisans, voué à devenir le chant de ralliement de la Résistance, et Kessel publiait, en hommage à ces combattants,
L?Armée des Ombres. Il finirait la guerre, capitaine d'aviation, dans une escadrille qui, la nuit, survolait la France pour maintenir les liaisons avec la Résistance et lui donner des consignes.
À la Libération, il reprit son activité de grand reporter, voyagea en Afrique, en Birmanie, en Afghanistan. C?est ce dernier pays qui lui inspirerait son chef-d?oeuvre romanesque,
Les Cavaliers (1967).
Consécration ultime pour ce fils d'émigrés juifs, l'Académie française lui ouvrit ses portes. Joseph Kessel y fut élu le 22 novembre 1962, au fauteuil du duc de la Force, par 14 voix contre 10 à Marcel Brion, au premier tour de scrutin.
Il est mort le 23 juillet 1979.
Bibliographie
La steppe rouge (1922)
L'équipage (1923)
Mary de Cork
Les rois aveugles (1925)
Les captifs (1926), grand prix du roman de l'Académie française
Nuits de princes (1927)
Les coeurs purs
Belle de jour (1928), inspira le film de Luis Buñuel en 1967.
Fortune carrée (1932)
Les enfants de la chance
La passante du Sans-Souci (1936), porté à l'écran par Jacques Rouffio en 1982.
Mermoz
L'Armée des ombres (1943), adapté au cinéma par Jean-Pierre Melville en 1969.
Le tour du malheur (1950)
Les amants du Tage
Tous n'étaient pas des anges
Témoin parmi les hommes
La Vallée des Rubis (1955)
Le lion (1958)
Les cavaliers (1967)
La Rose de Java (1971)
Partout un ami (1972)
Des hommes (1972)
Les temps sauvages (1975)
Hong Kong et Macao (1975)
En 1943, avec la collaboration de son neveu
Maurice Druon, Joseph Kessel écrivit les paroles du chant des partisans.