Voltaire
Écrivain et philosophe français,
Voltaire, de son vrai nom
François Marie Arouet, est né le 21 novembre 1694 à Paris, où il meurt le 30 mai 1778. Il appartient au courant de pensée des Lumières. Il a été élu à l'Académie française en 1746.
Biographie Dernier enfant d'un riche notaire, Voltaire fait ses études au collège des Jésuites, futur lycée Louis-le-Grand, et fréquente la haute société libertine. À la suite d'une altercation avec le Chevalier de Rohan, il s'exile en Angleterre où il découvre la philosophie de
John Locke (1632-1704).
Voltaire partage ensuite la vie de Mme du Châtelet, puis rentre à Paris où il mène une carrière de courtisan avant de tomber en disgrâce. De 1750 à 1753, il voyage à la cour de Berlin et se brouille avec Frédéric II. En 1755, il s'installe aux « Délices », près de Genève. Enfin, en 1758, il achète un domaine à Ferney et Tournay, en territoire français mais sur la frontière franco-helvétique. Il va aménager la région, bâtir, planter, semer et développer l'élevage. En compagnie de Mme Denis, sa nièce, gouvernante et compagne, il fait vivre un millier de personnes, se fait agriculteur, architecte, fabricant de montres et de bas de soie. Avec son sens de la formule, il résume l'entreprise : « Un repaire de 40 sauvages est devenu une petite ville opulente habitée par 1200 personnes utiles ». Voltaire n'est plus seulement l'homme le plus célèbre de son époque : il est devenu un mythe. De Saint-Pétersbourg à Philadelphie, on attend ses publications comme des oracles. Artistes, savants, princes, ambassadeurs ou simples curieux se rendent en pèlerinage à Ferney.
En 1765, il obtient la réhabilitation de Jean Calas. En 1778, il revient à Paris : le peuple de la capitale l'accueille avec un tel enthousiasme que certains historiens voient dans cette journée du 30 mars « la première des journées révolutionnaires ».
Sa morale Dans la pensée du philosophe anglais
John Locke, Voltaire trouve une doctrine qui s'adapte parfaitement son idéal positif et utilitaire. Locke apparaît comme le défenseur du libéralisme en affirmant que le pacte social ne supprime pas les droits naturels des individus. En outre, c'est l'expérience seule qui nous instruit ; tout ce qui la dépasse n'est qu'hypothèse ; le champ du certain coïncide avec celui de l'utile.
Voltaire tire de cette doctrine la ligne directrice de sa morale : la tâche de l'homme est de prendre en main sa destinée, d'améliorer sa condition, d'assurer, d'embellir sa vie par la science, l'industrie, les arts et par une bonne « police » des sociétés. Ainsi, la vie en commun ne serait pas possible sans une convention où chacun trouve son compte. Bien que s'exprimant par des lois particulières à chaque pays, la justice, qui assure cette convention, est universelle. Tous les hommes sont capables d'en concevoir l'idée, d'abord parce que tous possèdent un instinct qui les attache à leurs semblables, ensuite parce qu'ils sont tous capables de comprendre que ce qui est utile à la société est utile à chacun. La vertu, « commerce de bienfaits », leur est dictée à la fois par le sentiment et par l'intérêt. Le rôle de la morale, selon Voltaire, est de nous enseigner les principes de cette « police » et de nous accoutumer à les respecter.
Étranger à tout esprit religieux, Voltaire se refuse cependant à l'athéisme d'un Diderot ou d'un d'Holbach. Il ne cessera de répéter son fameux distique :
:
L'univers m'embarrasse, et je ne puis songer
:
Que cette horloge existe et n'ait point d'horloger.Ainsi, selon Voltaire, l'ordre de l'univers peut nous faire croire à un « éternel géomètre ». Toutefois, s'il reste attaché au déisme, il dénonce comme dérisoire le providentialisme (dans
Candide par exemple) et se pose cette question qu'il laisse sans réponse : « Pourquoi existe-t-il tant de mal, tout étant formé par un
Dieu que tous les théistes se sont accordés à nommer bon ? ».
On lui attribue par ailleurs aussi cette phrase : « Nous pouvons, si vous le désirez, parler de l'existence de Dieu, mais comme je n'ai pas envie d'être volé ni égorgé dans mon sommeil, souffrez que je donne au prélable congé à mes domestiques ».
Il a en tout cas lutté contre le fanatisme, celui de l'Église catholique comme celui du protestantisme, symboles à ses yeux d'intolérance et d'injustice. Tracts, pamphlets, tout fut bon pour mobiliser l'opinion publique européenne. Il a aussi misé sur le rire pour susciter l'indignation : l'humour, l'ironie deviennent des armes contre la folie meurtrière qui rend les hommes malheureux. Les ennemis de Voltaire avaient d'ailleurs tout à craindre de son persiflage, mais parfois les idées nouvelles aussi. Quand en 1755, il reçoit le
Discours sur l'Inégalité de
Jean-Jacques Rousseau, Voltaire, qui désapprouve l'ouvrage, répond en une lettre aussi habile qu'ironique :
:« J'ai reçu, monsieur, votre nouveau livre contre le genre humain, je vous en remercie. [...] On n'a jamais employé tant d'esprit à vouloir nous rendre bêtes ; il prend envie de marcher à quatre pattes, quand on lit votre ouvrage. Cependant, comme il y a plus de soixante ans que j'en ai perdu l'habitude, je sens malheureusement qu'il m'est impossible de la reprendre, et je laisse cette allure naturelle à ceux qui en sont plus dignes que vous et moi. [...] » (
Lettre à Rousseau, 30 août 1755)
Le « patriarche de Ferney » représente éminemment l'
humanisme militant du XVIIIe siècle. Comme l'a écrit Sainte-Beuve : « [...] tant qu'un souffle de vie l'anima, il eut en lui ce que j'appelle le bon démon : l'indignation et l'ardeur. Apôtre de la raison jusqu'au bout, on peut dire que Voltaire est mort en combattant. »
Il a laissé 1500 lettres, un
Dictionnaire philosophique, une trentaine de
contes philosophiques et des articles publiés dans l'Encyclopédie ou dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers. De nos jours, son théâtre (tragédie) est oublié.
C'est à Voltaire, avant tout autre, que s'applique ce que Condorcet disait des philosophes du XVIIIe siècle qui avaient « pour cri de guerre : raison, tolérance, humanité » .
Deux aspects de Voltaire Une erreur d'appréciation La présence de fossiles marins au sommet des montagnes était considérée à son époque comme une preuve de leur submersion et donc du déluge. Voltaire n'admettait pas cette interprétation, ni même l'idée qu'il y ait pu avoir un jour des fonds marins là où se trouvaient des montagnes. Il se gaussa de l'idée dans le
Dictionnaire philosophique en se montrant surpris que personne n'ait pensé à une explication selon lui bien plus simple : que des croisés ou pélerins aient abandonné des coquilles dont ils s'étaient munis comme provisions pour leur voyage.
Voltaire, précurseur du RMI La nouvelle de Voltaire
L'homme aux quarante écus part de la mesure en arpents du royaume et de la valeur moyenne locative de la terre par arpent. Si l'on répartissait cette somme entre tous les sujets du royaume, cela ferait à chacun la rente de
quarante écus, dont il munit son héros. Ce principe est exactement celui qui est implicitement sous-jacent au RMI, à savoir la part inhérente de rente, minimale, que peut espérer tout un chacun du fait du
patrimoine constitué par les générations antérieures. Il peut aider à survivre, mais dans des conditions seulement très modestes.
Citations

« Jamais vingt volumes in-folio ne feront de révolution ; ce sont les petits livres portatifs à trente sous qui sont à craindre. Si l'Évangile avait coûté douze cents sesterces, jamais la religion chrétienne ne se serait établie », in
lettre à d'Alembert, 5 avril 1766.

Petite_digression : « Dans les commencements de la fondation des Quinze-Vingts... ...aux sourds de juger de la musique. »

« Que répondre à un homme qui vous dit qu'il aime mieux obéir à Dieu qu'aux hommes, et qui, en conséquence, est sûr de mériter le ciel en vous égorgeant ? » (
Dictionnaire philosophique, article
Fanatisme)
Bibliographie
Histoire de Charles XII, 1730
Zaïre, 1732
Lettres anglaises ou
Lettres philosophiques, 1734
Candide, 1759
Zadig, 1748
Le Siècle de Louis XIV, 1751
Micromégas, 1752
Le Monde comme il va, 1748
Poème sur le désastre de Lisbonne, 1756
Étude sur les m'urs, 1756
Dictionnaire philosophique, 1764
Jeannot et Colin, 1764
Traité sur la tolérance, 1767
L'ingénu, 1767
Le Philosophe ignorant, 1766
Liens externes
Institut et Musée Voltaire de Genève, dans la villa des Délices qui fut longtemps habitée par Voltaire avant son implantation à Ferney.
Société Voltaire, qui vise à promouvoir les études et manifestations voltairiennes.
Voltaire intégral avec notamment une édition intégrale du Dictionnaire philosophique en ligne.
Liens voltairiens.
Biographie et citations de Voltaire.
Sa vie, ses portraits et ses poemes mystiques.
oeuvres complètes
Citations de Voltaire