L'Etrange destin de Wangrin ou les roueries d'un interprète africain

0 document sur L'Etrange destin de Wangrin ou les roueries d'un interprète africain

0 citation de L'Etrange destin de Wangrin ou les roueries d'un interprète africain

0 texte extrait de L'Etrange destin de Wangrin ou les roueries d'un interprète africain

0 texte :

Aucun résultat trouvé

Vos 1 commentaire sur L'Etrange destin de Wangrin ou les roueries d'un interprète africain

03 jan 2008 à 10h53 par Isaac GAHUNGU :
Pour une lecture de « L’Etrange destin de Wangrin » de Amadou Hampâte Bâ

La dimension symbolique de ce livre est extraordinaire, fascinante. Une lecture logico-idéologique de ce roman nous mène à une réflexion sur la condition humaine. L'homme dans tout son paraître et dans tout son être ou tout simplement devant le paradoxe de sa condition est minutieusement présenté dans ce destin légendaire où mythe et réalité se côtoient.
(i) Wangrin est né dans une région dons les montagnes ont été creusées mythiquement par les dents inusables des dieux. (ii) Le cheminement de sa vie est parcours initiatique tissé d’un symbolisme spatio-temporelle fascinant : Wangrin est né en pleine milieu de la journée dans la période la plus chaude de l’année pour mourir le soir noyé dans un ravin après une pluie diluvienne. Son parcours suit le mouvement du soleil du lever jusqu’au coucher : son soleil de gloire est de fortune s’est levé dans un ciel sans nuage quand il a supplanté Racoutié ; l’orage éclate et il n’y a pas de ciel sans nuage lorsque Wangrin est en difficultés avec de Villermoz et avec Romo ; Wangrin est au zénith de sa gloire lorsque toutes ses affaires sont au comble et tournent comme il faut ; mais son soleil commencera à pâlir quant il se rallie avec Madame Blanche-Blanche, quand il commence à violer les interdits, sciemment et inconsciemment et lorsque la tourterelle fatidique roucoulera par sept cris saccadés du côté gauche de sa route, côté guignard. Wangrin clochard aura sombré dans la nuit lugubre parce qu’il n’y a pas de soleil sans coucher. Tout soleil connaîtra un coucher, et tout homme mourra un jour. (iii) Le comportement de Wangrin voué au dieu des contraires Gongoloma-Sooké est en intertextualité avec le symbolisme du caméléon développé par Amadou Hampâté Bâ lui-même et que l’on retrouve dans son récit initiatique Peul Khaïdara. Wangrin était un caméléon. La fin du récit montre des leçons de morale et invite l’homme à prendre conscience de sa vie afin d’adopter un comportement digne car la recherche de la fortune pousse l’homme à la démesure: l’intelligence, la vérité et le bons sens sont supplantées par la bêtise, le mensonge (hypocrisie), et l’égoïsme dont le point culminant est l’orgueil (zénith de la gloire). Ainsi l’homme devient la bête qui ne se croit pas bête alors qu’elle paît nuit et jour dans la prairie des bêtises.
Etrange destin certes de la vie d’un homme qui a réellement existé, mais l’objectif avoué du récit était de donner des leçons. Ainsi, Hampâté Bâ nous fait montre de ses talents de sage conteur et c’est ici que transparaissent ses charismes. C’est une bibliothèque qui n’a pas brulé.

Isaac GAHUNGU
Burundi

Laisser un commentaire

Votre commentaire :

Votre nom :