Le Voyageur sans bagage

1 document sur Le Voyageur sans bagage

1 document :

Matière Auteur Livre Document Site
Littérature Anouilh Le Voyageur sans bagage Cours : fiche et cours sur Le Voyageur sans bagage Voir ce document site perso Free

0 citation de Le Voyageur sans bagage

0 texte extrait de Le Voyageur sans bagage

0 texte :

Aucun résultat trouvé

Vos 54 commentaires sur Le Voyageur sans bagage

22 jan 2012 à 12h35 par Julie :
Pouvez vous me donnez les differents éléments de la vie de Gaston/Jacques?

30 déc 2010 à 15h54 par Alice :
Sympa.

05 mar 2009 à 12h42 par Alice :
quel age a George lors de la pièce et la liste des familles et des professions s'il vous plait.

02 mar 2009 à 23h35 par salima :
bonjour ma prof ma demander les préoccupations dominantes des gens à cette époque pourriez vous m'aider

02 mar 2009 à 23h33 par sarah :
bonjour ma prof ma demander quelle etait les préoccupation dominantes des gens à cette époque pourriez vous m'aider

26 fév 2009 à 16h20 par Leguer :
Bonjour, mon professeur m'a demandé de donner mon avis sur l'intrigue du livre "le voyageur sans bagage". Pourriez-vous m'aider s'il vous plait?

26 fév 2009 à 16h20 par Leguer :
Bonjour, mon professeur de donner mon avis sur l'intrigue du livre "le voyageur sans bagage". Pourriez-vous m'aider s'il vous plait?

05 jan 2009 à 18h54 par keilaa :
bonjour je dois faire un exposé sur le livre " le voyageur sans bagage " et on me demande quelle est l' importance des objets dans cette pièce et l' importance des tableaux 2 et 4. Pouriez vous me le dire dès que possible, mercii

12 déc 2008 à 08h25 par charlesperret :
Bonjour ! Je dois faire pour un exposer une explication du "poilu". Donc le soldat de la 1ère Guerre Mondiale et mettre des liens, ou des rapports avec le livre. J'ai presque rien trouvé dans le livre... Pourriez-vous m'aidez en me disant qu'es que vous avez trouvé sur le soldat de la 1er GM ?

Merci d'avance !

20 nov 2008 à 16h28 par anais :
slt je voudrai savoir le résumé du "pére" de guy de maupassant c'est trés urgent svp

21 avr 2008 à 13h30 par amel :
pouvé vous me dire quand et ou se déroule l'histoire assé rapidement. et ossi qu'apprend le hros successivement et quel événement compromet sa décision. sa seré tré gentil de votre part

02 mar 2008 à 19h05 par Yohan :
Quelqu'un pourrait me donner une signification plus clair du titre ? SVP !! C'est URGENT !!

02 mar 2008 à 19h05 par Yohan :
Quelqu'un pourrait me donner une signification plus clair du titre ? SVP !! C'est URGENT !!

30 oct 2007 à 10h46 par tic tac :
ca parle pa bocou ici kelkun pourai me répondre pr savoir si on pe mfèr cke dmndè ce srè cool merci tic tac

30 oct 2007 à 10h43 par tic tac :
slt moi c tic tac moi jorè juste bessoin si c possible davoir un portrait psycologik d gaston et de jack avan jeudi kaive merci bocou davace et si c possible y me fodré leur carte didentité merci

30 oct 2007 à 10h43 par tic tac :
slt moi c tic tac moi jorè juste bessoin si c possible davoir un portrait psycologik d gaston et de jack avan jeudi kaive merci bocou davace et si c possible y me fodré leur carte didentité merci

26 oct 2007 à 12h19 par jérémie PGM ? :
VOICI L'ANALYSE COMPLETE DE CE LIVRE



Jean ANOUILH

‘’Le voyageur sans bagage’’

(1937)

Drame

En 1936, Gaston, un homme de trente-six ans devenu amnésique à la suite d’une blessure reçue pendant la guerre de 1914-1918, vit paisiblement dans un asile. Mais, un jour, on se mêle de retrouver ses parents, une sombre histoire d'héritage, dont il est le bénéficiaire. Ill est ainsi convoité par de multiples familles qui jurent reconnaître en lui leur fils « perdu ». S’emparent de lui les Renaud : la très bourgeoise Madame Renaud, son fils, Georges, et sa femme, Valentine, qui tentent de réveiller ses souvenirs et de le convaincre qu'il est bien leur fils et frère, Jacques Renaud. Ils essaient en vain de provoquer le choc qui lui rendra la mémoire de son passé. Mais ce passé est totalement opposé à celui que s’imaginait Gaston qui découvre avec horreur que Jacques était cruel, qu’il aimait tuer les bêtes, qu’il était un escroc, qu’il avait estropié son meilleur ami en lui disputant les faveurs d’une bonne, qu’il était devenu l’amant de Valentine et qu’il était parti à la guerre brouillé avec tous les siens. Gaston refuse d’endosser ce passé odieux. Pourtant, Valentine, qui l’aime, veut le convaincre qu’il est impossible d’effacer les taches de la conscience, que nous devons « nous accepter tels que nous sommes » ou mourir. Elle lui révèle qu’il a une petite cicatrice dans le dos connue d’elle seule. Il n’aurait donc devant lui que le désespoir ou la mort. Mais, bien que ce détail soit exact, il nie cette cicatrice et refuse la famille Renaud. Comme d’autres familles le réclament également, il est séduit par un charmant petit garçon anglais qui a perdu toute sa famille dans un naufrage et qui, pour toucher un gros héritage, aurait besoin de retrouver un neveu (beaucoup plus âgé que lui !). Profitant du privilège qu’il a de choisir son passé, il se « reconnaît » membre de cette famille et le prouve grâce à un subterfuge : une fausse lettre où il est question de sa cicatrice. Ainsi il aura une identité sans avoir de passé.

Analyse

Intérêt de l’action

Genèse : Le 1er février 1918, on avait découvert, hagard, sur un quai de la gare de Lyon-Brotteaux après le passage d'un convoi de rapatriés venus d'Allemagne, un soldat amnésique, sans nom, sans plaque militaire, sans repère. Ce «poilu» en avait trop vu, jusqu'à perdre la mémoire de ce qu'il était. Interné à l'asile psychiatrique du Rhône, ce «mort vivant» que tout le monde voulut s'arracher vit défiler des mères et des épouses convaincues de reconnaître en lui un fils ou un mari. Tous les moyens furent employés pour l'identifier. Son portrait s'étala à la une des journaux et fut affiché sur les portes de toutes les mairies. Plusieurs centaines de familles empêchées de vivre leur deuil reconnurent en lui un père, un fils ou un frère disparu à la guerre. Comment les départager? Une longue et douloureuse enquête débuta. Elle dura tout l'entre-deux-guerres et s'acheva sur un procès à rebondissements où s'opposaient tous ceux et celles qui avaient reconnu en l'amnésique un de leurs parents. Les contemporains furent fascinés par cet homme sans passé que la presse avait rapidement baptisé «le soldat inconnu vivant». D’où, dans la pièce : « La duchesse : ‘’Ainsi, vous êtes un des cas les plus troublants de la psychiatrie ; une des énigmes les plus angoissantes de la grande guerre. [...] Vous êtes, comme l'a dit très justement un journaliste de talent, le soldat inconnu vivant. »
Le personnage inspira d’abord le Siegfried von Kleist de Giraudoux, dramaturge qu'Anouilh admirait beaucoup et auquel il emprunta le prénom du héros avant la blessure (Jacques) et l'idée même du titre :
« Geneviève : Nous n'avons pas de gros bagages. Le douanier : Vous les avez envoyés d'avance? Geneviève : Oui, sept ans d'avance. »
Sur cette donnée, Giraudoux avait construit une œuvre où l'histoire servait à des fins politiques. Prophète d'une réconciliation féconde entre l'Allemagne et la France, symbolisée par deux femmes, Éva et Geneviève, il donna pour héros à sa pièce non Jacques, ni Siegfried, mais la synthèse parfaite et idéale de ces deux personnalités et leur subtil chatoiement dont la définition unifiante est présentée ainsi : « Introduire la poésie en France, la raison en Allemagne, c'est à peu près la même tâche. » Celui qui fut Jacques, après avoir été Siegfried redevint un nouveau Jacques : « Je serais le Français au visage nu, cela fera pendant à l'Allemand sans mémoire. » (acte III, scène 3). Mais cette synthèse impossible éclata et le Français Jacques mourut dans une poésie toute allemande.
Anouilh ne tenta nullement de reprendre ces thèmes. Ce point de départ où, pour reprendre un titre bergsonien, la mémoire est absente de la matière, le conduisit à envisager un cas unique bien qu'il soit celui de tout le monde. La valeur de la pièce s'édifie sur cette perspective du passé facteur du présent :
« Valentine : ... On ne peut pas se refuser soi-même.
Gaston : Je suis sans doute le seul homme, c'est vrai, auquel le destin aura donné la possibilité d'accomplir ce rêve de chacun... »
Ce rêve échoue. En effet, si nous avons en apparence, Jacques Renaud (amnésie) – Gaston – Madensale, ces trois états civils ne correspondent pas à trois personnalités, car Madensale deviendra une sorte d'anti-Jacques. Ceci rappelle Giraudoux :
Jacques (amnésie) ~ Siegfried -+ Un nouveau Jacques Français Allemand L'impossible synthèse
Mais la facture de la pièce d'Anouilh confine au paradoxe, ne comportant qu'une seule action positive, définie mais non effectuée trois répliques avant la fin : « J'aurai quitté cette maison dans cinq minutes sans les revoir. » 75
Tout ce qui précède peut se ramener à deux processus auxquels le héros ne participe pas vraiment :
- l'évocation des actions passées de Jacques;
- les tentatives des divers personnages pour ressaisir le fil de
ces actions passées afin de l'inclure dans la trame du présent et, partant, dans le schéma de l'avenir.
Le « Voyageur » se tient en dehors de tout cela, contemplatif, exactement comme Meursault reste souvent étranger à lui-même dans le roman de Camus, lors du procès par exemple. 76
Peu à peu se peint dans son esprit une image mentale de ce qu'il
fut, avec, de plus en plus accentuées, les touches suivantes :
- Jacques petite fripouille, ivrogne et noceur.
- Jacques qui couche avec sa belle-sœur.
- Jacques qui viole la bonne, une mineure.
- Jacques qui, affligé d'une mère odieuse, la méprise et la bafoue.
- Jacques qui essaie en vain d'assassiner son meilleur ami, celui-ci
restant paralysé.
Jacques, tortionnaire sadique des animaux.
75. Ibid., p. 361.
76. L'Etranger, Gallimard, 1942, p. 44.

30
Ce personnage corrompu et vicieux, reflet d'un milieu bourgeois corrompu et vicieux, doit-il être ressuscité simplement parce qu'il exista? A mesure que les esquisses se superposent pour former, à nos yeux et aux siens, une sorte de portrait-robot, la détermination de Gaston de refuser ce passé devient plus dure. La tension tragique provient du fait que plus il se reconnaît, moins il s'accepte. Écœuré par ses propres antécédents, il se méfie maintenant du passé en général sûr que chaque vie comporte des événements qu'il vaudrait mieux enterrer. Choisissant pour « famille » un enfant plus jeune que lui - donc incapable d'évoquer des « souvenirs» de la vie d'un homme antérieure à sa naissance - Gaston révèle combien la découverte des divers aspects de Jacques le traumatisa.
Gaston, ayant appris ce qu'il a appris, s'étant colleté avec le fantôme de Jacques, ne pourra jamais l'effacer de sa mémoire. Le maudire, le repousser dans un coin obscur, jeter sur lui l'ostracisme, oui, l'oublier, non : ce destin engendre le tragique de la pièce. Le dénouement moral vient au milieu du dernier tableau :
« GASTON : Imaginez que, pour vivre, il vous faille plonger à jamais dans le néant un jeune homme. Un jeune homme de dix-huit ans ... Un petit orgueilleux, une petite fripouille, mais tout de même ... un pauvre petit. Vous serez libre, maître d'hôtel, l'homme le plus libre du monde, mais pour être libre il faut laisser ce petit cadavre innocent derrière vous. Qu'allez-vous faire?» 77
Peu importe la décision, l'oubli total demeure exclu.
Il existe donc une différence fondamentale entre l'introduction et le dénouement de la pièce : le voyageur est resté sans bagages, mais maintenant il sait exactement où il les a laissés, pourquoi il les a laissés et ce qu'ils contenaient. Paradoxalement, on peut dire que sa vie future en tant que Masendale va être déterminée par celle de Jacques tout aussi nettement que s'il avait pris la succession de
77. Op. cit., p. 346.


Jean Anouilh
Il
'.1'11 vrai passé, seulement la détermination sera négative : Masendale d,.viendra ce que Jacques n'aurait jamais été. Prenons, parmi bien d'autres exemples, la scène où l'on présente à l'amnésique des bêtes 'J'I'i1 avait fait empailler après les avoir torturées à mort :
« GASTON (après un silence) : Qu'est-ce qu'on peut faire pour des bêtes mortes? [ ... ] Quelles caresses sur ces peaux tendues, séchées ? J'irai jeter des noisettes et des mor¬ceaux de pain à d'autres écureuils, tous les jours. Je défen¬drai, partout où la terre m'appartiendra, qu'on fasse la plus légère peine aux belettes ... »78
Même leçon que celle de Siegfried : le passé ne peut pas être :Iboli, et cela reste vrai en dépit du fait que Gaston l'amnésique ait choisi le moyen le plus adéquat. Fuyant le souvenir de Jacques, tuant la mémoire de ce personnage, il tue le personnage lui-même; ceci est démontré magistralement par Jules Romains dans Mort de quelqu'un 79 : la mort réelle d'un individu ne se produit qu'au moment où tout souvenir de lui a disparu chez les autres ... La mémoire demeurant le seul vestige du passé humain, supprimez la mémoire (ou en terme social son équivalent l'histoire) et le passé se dissout; dans Ondine 80, la perte de mémoire de l'héroïne équivaut - peut-être en plus tragi¬que _ à la mort du héros. Gaston base sa décision sur cette pré¬somption exacte 81. Il n'a oublié qu'une chose : lui aussi possède la faculté de se souvenir, et ne peut pas la fuir. Il confesse en effet, terrible ironie du sort : « A part mon amnésie, j'ai beaucoup de
mémoire. »82
78. lbid. p. 337.
79. Paris, 1911.
80. Jean Giraudoux, Paris, 1939.
81. E. O. Marsh, dans Jean Anouilh, Poet of Pierrot (Londres, 1953), défend
la thèse séduisante selon laquelle le geste de Gaston, rejetant sa vraie famille avec une . impitoyable dureté, est le couronnement de la carrière égoïste de Jacques (pp. 74-76). On pourra vérifier cette assertion si Anouilh écrit une Fin du Voyageur ... Comme Giraudoux écrivit une Fin de Siegfried (1932).
82. Pièces noires, op. cU., p. 355.

77.

32

En somme, la pièce va beaucoup plus loin qu'on ne le pense communément; la continuité de notre vie s'étaie sur la mémoire, parce que nous nous souvenons le présent semble être le passé qui s'enfonce dans l'avenir sans qu'il y ait rupture ou incohérence. Cela recèle un sens métaphysique capital : « Vivre, c'est transférer d'instant en instant l'essence de son être; c'est être moi-même tout entier en chacun des instants que met en continuité ce perpétuel transfert.» 83

Ce passé, lié à notre existence corporelle, nous échappe parce que nous ne pouvons l'effacer volontairement, bien que nous jouions tous - du moins ceux d'entre nous qui sont sains - à rejeter les épisodes que nous refusons d'entériner dans les coins les plus reculés de notre inconscient. D'où le sens de ce symbole vulgaire, voulu d'ailleurs 84, par lequel Gaston-Jacques cherche, comme le petit garçon, un « petit endroit bien tranquille» 85, correspondance entre l'amnésique qui veut se purger d'un passé envahissant et l'enfant qui veut accomplir une fonction naturelle. Second symbole - aussi du Tchekhov un peu appuyé - l'homme a cassé la glace de la salle de bains et le garçon constate : « On dit que cela porte malheur »86 ; or, quelques instants auparavant, une réplique-clef évoquait, d'une manière qui montre le côté sordide de nos vies, le retour de l'amnésique à l'asile :

« VALENTINE : ... sans nous tu n'es qu'un petit garçon impuissant, qui n'a pas le droit de sortir seul et doit se cacher dans les cabinets pour fumer. » 87

Au second degré le drame est une tentative de rédemption com¬mencée dans l'enthousiasme et la certitude :

« GASTON : [ ... ] j'ai été si malheureux depuis, je suis lavé de ma jeunesse. » 88

83. Etienne Souriau, Pensée vivante et perfection formelle (Paris, 1952), p. 264.
Voir la suite du chapitre XVI, intitulé La perfection formelle et la vie.
84. C'est la rupture de. tension, fréquemment utilisée par Molière.
85. Pièces noires, op. cil., p. 355.
86. Idem, p. 355.
87. Idem, p. 352.
88. Idem, p. 326.



1 d' Voyageur sans bagage. Théâtre Montparnasse (1950).
Michel Vitold.
(Phot. Bernand)


78.
Antigone. Théâtre de l'Atelier (1950). Jean Servais et Elisabeth Hardy. (Phot. Bernand)
, ,
Jean Anouilh
,f•;C terminant par un échec terrible en soi
« GASTON: ... la victime a souvent moins d'imagina¬tion que l'assassin. (Un temps). Parfois, elle n'est même qu'une ombre dans le songe de l'assassin.
LE MAITRE D'HOTEL: Dans ce cas, je comprends qu'elle souffre peu, Monsieur.
GASTON : Mais l'assassin, lui, en revanche, a le privi¬lège des deux souffrances. » 89

Sur le plan de l'agencement dramaturgique, pour la première fois, Anouilh renonce aux faciles avantages de « la loi de l'intérêt ». Dès le second tableau, il divulgue aux spectateurs l'essentiel de l'action :
« LE CHAUFFEUR: ( ... ) Un vrai petit salaud, voilà ce que c'était. Et quand on a appris qu'il s'était fait casser la gueule en 1918, on n'est pas plus méchant que les autres, mais on a dit que c'était bien fait. »90 [ ... ]
« LE CHAUFFEUR: Et puis, s'il s'est mis à aimer la vie tranquille et sans complications dans son asile? Qu'est-ce qu'il a à apprendre, le frère!. .. L'histoire avec le fils Grandchamp, l'histoire Valentine, l'histoire des cinq cent mille balles et toutes celles que nous ne connaissons pas ...
LE MAITRE D'HOTEL: Ça, bien sûr. J'aime mieux être à ma place qu'à la sienne. » n

L'intérêt se déplace : nous ne nous demandons plus ce qui va arriver et par conséquent nous pouvons nous concentrer entièrement sur la manière dont cela arrive. Consciemment ou non, nous construisons le reste du drame et ainsi nous anticipons sur chaque geste, chaque parole des protagonistes et en particulier de Gaston. Devant un homme frappé d'un mal qui ne pardonne pas, la réaction du docteur diffère
89. Idem, p. 346.
90. Idem, p. 286,
91. Idem, p. 289.
2
------------- •.••• 1'P.,


34 profondément de celle de celui qui ignore tout de la médecine. Le premier suit et prévoit ensemble la progression du mal, le second ne fait que la suivre et remplit l'avenir d'espoir, ce « sale espoir ». L'auditoire qui sait se situera désormais dans la perspective du docteur où le pathétique se fonde non sur l'ignorance, mais sur la lucidité. Nous verrons que les plus grandes pièces d'Anouilh reprennent, de diverses manières, cette technique.
De plus, Le Voyageur sans bagage présente une variation sur une des formules dramaturgiques les plus étranges de Pirandello 92, la séparation de l'histoire et des personnages. D'un côté la biographie de Jacques (histoire sans P'ersonnage actuel) et, de l'autre, Gaston (personnage actuel sans histoire) : on peut voir la pièce comme l'affrontement de deux séries de forces, celles de la vérité qui poussent la biographie passée sur le personnage actuel, celles du libre-arbitre grâce auxquelles celui-ci refuse le transfert. On reconnaît, sous une forme nouvelle, le thème de Chacun sa vérité, Six personnages en quête d'auteur et d'Henri IV 93. La tragédie de l'homme normal consiste dans la présence de tout son passé dans l'instant, si bien que l'histoire vit d'Une terrible concaténation liant pour toujours les personnages qui y participèrent, volontairement ou non :
« LE DIRECTEUR : Mais puisque tout a déjà eu lieu !
Je ne comprends pas ...
LA MÈRE : Non, cela a lieu en ce moment et toujours.
Ma douleur n'est pas feinte, monsieur. Je suis vivante et présente sans cesse à tous les moments de mon malheur qui est sans trêve vivant et présent...
LE PÈRE : L'instant éternel! C'est ce que je vous ai dit, monsieur! (Montrant sa belle-fille) : Elle est ici pour me saisir, me clouer et me tenir éternellement suspendu au gibet de cet instant fugitif, de cette seule minute hon-
92. Voir plus loin p. 192 ce que dit Anouilh à ce sujet.
93. Théâtre complet de Luigi Pirandello, traduction de B. Crémieux, 1957.

Jean Anouilh
Ii• ,1
teuse de ma vie. Elle ne peut y renoncer; et vous, monsieur, vous n'avez pas la faculté de me l'épargner. » 94
Le passé se présente donc sous la guise du destin : aucun des
Six personnages » ne saurait y échapper ... La mort et la névrose 1I1rrent les seules portes de sortie: Racine avait déjà exploité ce thème ,1,Ssolant de la condition humaine et, dès Andromaque, il nous montra llermione échappant à son passé lointain de « fille d'Hélène » et à :;on passé immédiat de meurtrière de Pyrrhus par la mort, à côté d'Oreste échappant à son passé lointain de « fils d'Agamemnon » et i, son passé immédiat de meurtrier de Pyrrhus par la folie. Chacun sa vérité et Henri IV nous montrent comment une maladie mentale peut, en refaisant l'image du monde, libérer le héros de l'étreinte du combiné passé-présent. Anouilh utilise la simple amnésie, ce qui nous semble plus frappant et plus probant. Plus frappant car le héros, restant normal, s'avère plus proche de l'auditoire, et plus probant parce que le dramaturge va droit au cœur du problème métaphysique : notre vie s'inscrivant sur le temps, dans quelle mesure restons-nous prisonniers de notre passé? Dès 1936, Anouilh présentait un des problèmes cruciaux de l'existentialisme sartrien - par exemple juste avant sa mort, dans Les Mains sales, le héros déclare:
« HUGO, doucement : ( ... ) Bon. Alors, moi, je suis récupérable. Parfait. Mais tout seul, tout nu, sans bagages. A la condition de changer de peau - et si je pouvais devenir amnésique, ce serait encore mieux ( ... )>> 95
Ce personnage, comme Gaston, restait d'ailleurs déterminé par ces motivations inversées qui pèsent et écrasent autant que les autres :
« J'ai quitté la maison. Je suis entré au Parti et c'était pour entendre la même chanson: « Tu n'as jamais eu faim, Hugo, de quoi que tu te mêles? Qu'est-ce que
94. Six personnages en quête d'auteur, op. cit., p. 85.
95. Gallimard, 1948, p. 252.

36


17


Jean Anouilh



tu peux comprendre? Tu n'as jamais eu faim. » Eh bien, non, je n'ai jamais eu faim. Jamais! Jamais! Jamais! Tu pourras même me dire, toi, ce qu'il faut que je fasse pour que vous cessiez tous de me le reprocher. » 96
Par son irréversibilité, chaque acte d'une vie constitue un moment du destin où le faisceau des raisons présentes se combine aux forces antécédentes claires (le tissu matériel et psychique de notre passé _ situations comme actions) ou obscures (l'hérédité et le hasard notam¬ment), mais toujours inéluctables. Nous amenant à réfléchir Sur ces aspects fondamentaux de la condition humaine dans une œuvre où la virtuosité dramatique et la caractérisation des personnages éblouissent, Anouilh nous donne ainsi sa première grande pièce.


C’est une «pièce noire». Mais, après des scènes très sombres, l’auteur s’amusa à terminer en rose, dans un climat de libre fantaisie, l’amnésique, plus heureux que la plupart des héros d’Anouilh, ayant le privilège de choisir son passé.
En 1933, la duchesse Dupont-Dufour, dont le neveu est médecin dans un asile psychiatrique, organise une rencontre entre Gaston, amnésique depuis la guerre de 1914, et une famille de grands bourgeois qui croit reconnaître en lui un fils disparu, Jacques, être violent et cynique. Gaston réclame qu’on lui cite une « petite joie » de son passé et non la méchanceté de Jacques. À la suite d’une blessure reçue pendant la guerre de 1914-1918, un amnésique vivait paisiblement dans un asile. Mais une sombre histoire d'héritage, dont il est bénéficiaire, fait qu'il est convoité par de multiples familles qui jurent reconnaître en lui leur fils « perdu ». Madame Renaud, qui vient de le récupérer, tente de raviver ses souvenirs et de le convaincre qu'il est bien « Jacques Renaud ». Mais l'est-il en réalité ?...

Extrait

Gaston : - Votre fils n'avait donc pas d'ami? C'est dommage. Je veux dire, c'est dommage si nous découvrons que c'est moi. Je crois qu'on ne peut rien trouver de plus consolant quand on est devenu un homme qu'un reflet de son enfance dans les yeux d'un ancien petit garçon. C'est dommage. Je vous avouerai même que c'est de cet ami imaginaire que j'espérais recevoir la mémoire - comme un service tout naturel.
Georges, après hésitation : - Oh ! c'est-à-dire… Mais si, tu en as eu un et que tu aimais beaucoup. Tu l'as même gardé pendant sept ans… Nous ne t'en reparlions pas parce que c'est une histoire si pénible ...
Gaston : - Il est mort?
Georges : - Non, non. Il n'est pas mort, mais vous vous êtes quittés, vous vous êtes fâchés ... définitivement.
Gaston : - Définitivement, à dix-sept ans !
(Un temps). Et vous avez su le motif de cette brouille ?
Georges : -Vaguement, vaguement ...
Gaston : - Et ni votre frère ni ce garçon n'ont cherché à se revoir depuis?
Mme Renaud : - Tu oublies qu'il y a eu la guerre. Eh oui, tu sais ... Voilà. Vous vous étiez disputés pour une chose futile, vous vous étiez même battus, comme des garçons de cet âge... Et sans le vouloir, sans doute, tu as eu un geste brutal… un geste malheureux surtout. Tu l'as poussé du haut d'un escalier. En tombant il a été atteint à la colonne vertébrale. On a dû le garder dans le plâtre très longtemps et depuis il est resté infirme. Tu comprends maintenant comme il aurait été difficile, pénible, même pour toi, d'essayer de le revoir.
Gaston, après un temps : - Je comprends. Et où cela s'est-il passé, cette dispute, au collège, dans sa maison?
Mme Renaud, vite : - Non, ici. Mais ne parlons plus d'une chose aussi affreuse, une de celles qu'il vaut mieux ne pas te rappeler, Jacques.
Gaston : - Si j'en trouve une, il faut que je les trouve toutes, vous le savez bien. Un passé ne se vend pas au détail. Où est-il, cet escalier, je voudrais le voir?
__________________________________________________________________________

Analyse

Le 1er février 1918, on découvrit, hagard, sur un quai de la gare de Lyon-Brotteaux après le passage d'un convoi de rapatriés venus d'Allemagne, un soldat amnésique, sans nom, sans plaque militaire, sans repère. Ce «poilu» en avait trop vu, jusqu'à perdre la mémoire de ce qu'il était. Interné à l'asile psychiatrique du Rhône, ce «mort vivant» que tout le monde voulut s'arracher vit défiler des mères et des épouses convaincues de reconnaître en lui un fils ou un mari. Tous les moyens furent employés pour l'identifier. Son portrait s'étala à la une des journaux et fut affiché sur les portes de toutes les mairies. Plusieurs centaines de familles des familles empêchées de vivre leur deuil reconnurent en lui un père, un fils ou un frère disparu à la guerre. Comment les départager? Une longue et douloureuse enquête débuta. Elle dura tout l'entre-deux-guerres et s'acheva sur un procès à rebondissements où s'opposaient tous ceux et celles qui avaient reconnu en l'amnésique un de leurs parents. Les contemporains furent fascinés par cet homme sans passé que la presse avait rapidement baptisé «le Soldat inconnu vivant».
Le personnage inspira d’abord le Siegfried de Giraudoux. Puis Jean Anouilh s'empara du fait divers pour écrire son ‘’Voyageur sans bagage’’.
C’est une «pièce noire». La pièce fit connaître à Anouilh son premier grand succès.


Intérêt de l’action

L’intrigue repose sur la confrontation entre un homme simple, naïf, à la recherche de son identité, et une famille névrosée, figée dans les non-dits.
À la fois cocasse et grave, oscille entre dérision , moquerie, mensonge et sincère émotion.
la duchesse et maître Huspar
* la famille Renaud + les domestiques
* la famille Madensale
Seul : Gaston : il est un enjeu : à quel groupe appartient-il ?

Dans chaque groupe une hiérarchie (montrer) ; et problèmes annexes au problème général dela pièce, mais dont l'identité de G-J est la cause et la clé (Valentine, mère) En aucun cas aucun personage ne s'intéresse à G pour lui-même (sauf peut-être Georges au tableau 5; mais ce n'est pas sûr, il s'agit peut-être d'une astuce pour le faire rester).



B) LA COMPOSITION DE LA PIÈCE
Divisée en 5 tableaux, et non pas en actes.

Pourquoi?

Parce que plus grande souplesse.

Des actes doivent être à peu près égaux (ici tableaux vont de 1 page/1 minute --> 4 à 40 pages/30´ ——> 3). c'est pour la même raison qu'il n'y a pas de scène. Ainsi le passage d'un moment à l'aute est plus coulé.

Cela lui permet aussi de montrer alternativement des actions qui se passent simultanément (Tableau 2 & début tableau 3: la photo) ==> mise en valeur du rôle du regard.

Normalement un tableau est la subdivision d'un acte marqué par un changement de décor (5 actes et 15 tableaux). Ici, c'est plutôt un acte. En effet nous retrouvons à peu près dans cette pièce la composition de la tragédie ou de la comédie classique.

Tableau 1: exposition. A nous présente les personnages (sauf les domestiques; et encore maître d'hôtel présent) et la situation. On ne sait pas tout, mais on comprend qu'il y a quelque chose de pas clair dans la famille.

Ensuite: le nœud de l'action, dans le tableau 2 & le début du 3 (jusqu'à la malle): on apprend qui était Jacques et on voit qu'à Gaston se pose le problème d'endosser ou non ce passé. C'est là que l'action se noue et que le problème se pose. C'est cette partie que dans les pièces clasiques on nomme les “obstacles” (père qui ne veut pas marier sa fille à celui qu'elle aime —> Molière; amour non partagé —> Phèdre, Andromaque; Guerrier qui doit combattre l'amant de sa sœur —> Horace )

Tableaux 3, 4 & 5 (juqu'à la sortie de Valentine): le nœud de l'action, mais cette fois ce qu'on appelle “les péripéties”, c'est-à-dire tout ce que les personnages font pour surmonter les obstacles. Les différentes entrevues de G avec la famille.

Tableau 5 (avec le petit garçon): le dénouement, c-à-d le moment où les obstacles sont levés (dans la comédie) ou au contraire où ils triomphent du héros (dans la tragédie).

Ici se pose le problème de la fin. Cette pièce n'a en effet pas un dénouement, mais deux : le premier page 104. Après la discussion avec Valentine, Gaston conclut : il ne me reste pas le plus petit espoir: vous avez joué votre rôle. Il brise le miroir, va s'asseoir sur le lit, la tête dans les mains. Puis un instant de silence. Belle image de fin. Puis notation de la musique paradoxale, arrivée du petit garçon, et deuxième dénouement, avec le petit garçon, qui lui permet d'échapper.



Par rapport à cette composition, semblable à celle de la dramaturgie classique, on peut en noter une autre, fondée sur un jeu de symétrie

Début du tableau I <—————————> fin du tableau V (introduction de G dans la famile Renaud, sortie de G de la famille Renaud, les Reanud sont absents)

Tableau II <—————————> tableau IV (les domestiques)

Fin du tableau I <———> Tableau III <———> début du tableau V - Confrontations - dans les deux derniers cas, une sorte de ronde autour de Gaston:


* objets (la malle, les animaux)
* domestiques (Juliette, le maître d'hôtel)
* la famille [3 ——> mère, Georges, Valentine] [5 ——> mère (cachée), Georges, Valentine (tjs ds le même ordre)]






ENTRÉE


CONFRONTATION


DOMESTIQUES


CONFRONTATION


DOMESTIQUES


CONFRONTATION


SORTIE



Disymétrie : le paroxysme de la tension se trouve à la fin de la dernière confrontation.



2) LES DIFFÉRENTS REGISTRES

A) ROMANESQUE
Chacun des personnages a une vision romanesque (récit caractérisé par deux éléments : importance exagérée des sentiments, péripéties extraordinaires) des événements:

* Gaston: à propos de l'ami: p. 52
* La duchesse: p. 31; p. 25; p. 20
* Valentine: la statue et le banc (p. 32-33); le déguisement en lingère (La duchesse, quand on le lui raconte: Comme c'est romanesque, p. 27);
* Mme Renaud: insistance sur son rôle social de mère semble sortir de roman également (p. 30, p. 70), d'autant plus qu'elle n'en a pas du tout les sentiments; L'épouse d'un frère, c'est presque une sœur (p. 30)
* Juliette: C'est dur, allez, pour une femme, de se sentir bafouée dans son douloureux amour (p. 55); la boire jusqu'à la lie, allez, cette atroce douleur de l'amante outragée (p. 57) ——> en même temps élément comique: langage populaire allez ; Braille dans ses larmes p. 54: elle se prend pour un personnage de roman; Livre Violée le soir de son mariage (genre Harlequin)
* la fin avec le petit garçon.



B) RÉALISME
Mais en même temps nombre d'éléments réalistes :

* les objets (la malle, les animaux empaillés)
* les réactions des personnages (la duchesse devant les fourrures des animaux empaillés: en faire des manteaux p. 88.)
* et bien évidemment les récits à propos de Jacques : la tentative de meurtre sur son ami ——> Zola ou Maupassant)
En fait les personnages passent brusquement d'un registre à l'autre (ex. la duchesse justement, p. 88) Le romanesque n'est qu'un genre qu'il se donne, un masque; les intérêts qu'ils ont sont d'un tout autre ordre. (argent, passion égoïste, la réussite du neveu, etc.)

Tout ce qui est romanesque est faux.



C) COMIQUE
Nombreux éléments comiques dans la pièce:

* justement le passage d'un registre à l'autre, très brutalement
* les réactions outrées de Juliette
* la peur du maître d'hôtel p. 99
La fin, même, ressemble aux fins des pièces de Molière. elles devraient mal se terminer, mais intervention improbable, miraculeuse qui sauve tout (Les fourberies, l'Avare, Tartuffe ) ici, c'est le petit garçon.



D) TRAGIQUE
Cependant pièce noire

On trouve d'ailleurs dans la structure de la pièce, des éléments de la tragédie : les domestiques qui jouent le rôle du chœur dans la tragédie grecque, et qui s'intercalent entre les moments importants.

Comme chez Molière, la fin heureuse, le happy end, semble tellement improbable que l'on n’y croit pas. Encore moins chez Anouilh, car il se redouble de tricherie. Comme Molière (dépressif 1664-1673), Anouilh est très pessimiste. En fait ses héros, comme ceux de Molière sont dominés par leur destin. Ils ne peuvent pas y échapper.

Anoulh nous a bien montré qaue tout ce quie st romanesque est faux. Or le petit garçon est un élément romanesque. En fait il est possible que le premier dénouement soit le vrai ; on peut même considérer que le second est un rêve que fait Gaston la tête dans les mains (relire la didascalie, chaque mot compte, et en particulier les déterminants possessifs).



CONCLUSION
La structure montre bien pourquoi Anouilh, malgré la fin optimiste, l'a classée parmi les pièces noires Ça se termine très mal. c'est une tragédie. La fin avec le petit garçon n'est peut-être qu'un rêve (comme dans le film Le champion, ou les Neiges du Kilimandjaro) Anouilh nous en prévient en mettant en place un double dénouement & en détruisant par avance la crédibilité des éléments romanesques.

Le regard
dans Le Voyageur sans bagage



Le regard est un thème essentiel de la pièce : le regard que les autres portent sur Jacques, sur Gaston, le regard qu'il porte sur lui-même (Jacques et Gaston). En fait on pourra suivre trois types de regards : un regard scénique, mis en scène, présent en scène/ hors-champ ; le regard social de la pièce, que les personnages portent les uns sur les autres (par ce biais, Anoulh critique ce milieu) ; le regard intérieur que presque seul Gaston porte sur lui-même.



1. Le regard scénique

Il est particulièrement présent dans les tableaux des domestiques, qui offrent justement un second regard, décalé par rapport au premier. Il se manifeste alors par le dispositif scénique du trou de serrure, auquel se succèdent les serviteurs au tableau II (voir el schéma et la complexité), et où se tiennent le valet de chambre et el chauffeur au tableau IV (notons que ce n'est pas la même porte).

Mais, en dehors de ce contre-champ, de ce regard en quelque sorte « par-derrière », les regards mis en scène sont nombreux dans la pièce. C'est bien sûr d'abord le regard de Gaston sur les objets et sur les êtres : dès le début, il regarde les tableaux (p. 12), et à la fin, même si ce n'est que raconté par le valet de chambre, il cherche la cicatrice dans le miroir (c'est lui-même qu'il cherche à voir). Entre temps, il aura dû voir une statue, des photos, des jouets, un portrait, un palier. On remarque que le regard se fait de plus en plus précis, que les enjeux vont croissant. Autant le regard sur les tableaux est un regard qui cherche à meubler le temps et l'ennui (« Gaston s'est mis à regarder les tableaux sans s'occuper d'eux, comme un enfant en visite. »), autant celui porté sur son dos à la recherche de la cicatrice est essentiel (« Y chiale » ; de plus Gaston brisera le miroir où il a vu cette cicatrice.). Le regard vaguement curieux du début est devenu le regard d'un enquêteur, et d'un coupable qui se confond avec le détective, d'où le miroir.

En retour à ce regard de Gaston, les autres le regardent aussi : quand il arrive et qu'il est présenté, comme en une parade, chacun le dévisage en même temps qu'il les fixe. D'autres regards jouent un rôle important dans la pièce : celui, amoureux, de Juliette sur Gaston, celui de Valentine, celui de Georges (p. 62 & 63), le regard des femmes et des domestiques cachés au début du tableau V, alors qu'ils guettent les réactions de Gaston devant la collection d'animaux empaillés. D'autres sont plus comiques : le regard affolé du maître d'hôtel qui ne comprend pas, au tableau V, que Gaston parle d'assassinat au sens figuré, et cherche à voir le cadavre, avant de s'enfuir (p. 99).

Il y a aussi les regards que se lancent Georges et Valentine au tableau I, celui de Georges et de la mère lorsque Gaston demande si Jacques avait un ami (p. 47).

Sur le plan scénique, les regards jouent donc un rôle très important. C'est la raison pour laquelle ils sont indiqués clairement et souvent dans les didascalies.

Par contrecoup, les regards qui manquent prennent une importance et une valeur particulières : quand Georges ne regarde pas Gaston par exemple (p. 63).



2. Le regard social

C'est celui par exemple du beau monde : la duchesse reconnaît les Renaud comme appartenant à la même classe sociale qu'elle, et les Madensale également (p. 87). Le même regard en rejette les Legropâtre, les Bougran et autres Grigou ou Bougran.

Par ce biais, Anouilh procède à une critique sociale en règle contre la bourgeoisie, dont il fait un portrait-charge :


* préjugés de classe (p. 12)
* clichés (« C'est un instinct de femme qui m'a rarement trompée. », « [...] profaner les choses les plus saintes. », etc.)
* arrière-pensées politiques (les journaux de gauche qui en veulent au docteur Jibelin, le neveu de la duchesse). On est en 1936 (Front Populaire).
* toutes les haines, les rancoeurs, les escroqueries et autres tromperies diverses cachées derrière l'apparence morale et saine.


Les personnages se reconnaissent en tant que membres d'une même classe sociale, et le spectateur les reconnaît lui aussi pour tels, mais c'est avec un oeil critique : si la duchesse est amusante dans son ridicule (Anouilh disait « Je suis la duchesse folle de mes pièces. »), en revanche, les Renaud sont sinistres. Tout leur est permis : ils ont pu couvrir une énorme escroquerie, un presque-meurtre. La mère est une femme à principes peu douée pour l'amour maternel, Valentine n'a aucune morale, Georges est un faible. Cela, bien sûr, la duchesse ne le voit pas, mais le spectateur ne peut l'ignorer.



3. Le regard intérieur

C'est le regard que chacun porte sur soi-même : la conscience. Seul Gaston le possède ; et peut-être Georges. Ce sont les deux seuls personnages qui regrettent ce qu'ils ont fait ou la manière dont les choses se sont passées.

Les autres sont tout d'un pièce ; aucun jeu de miroir possible pour eux :


* Valentine et Juliette sont tout entières dans leurs histoires d'amour
* La mère ne saurait reconnaître qu'elle s'est mal comportée, même quand elle reproduit son attitude (tableau III)
* Les domestiques, comme la duchesse et Huspar, ne sont en fait que des pantins sans intériorité, réduits strictement à leur personnage.


Reste Georges, capable de prendre du recul, peut-être même trop : voir l'évolution entre les pages 63 et 92-97. Il est capable de comprendre, de pardonner ; il prend le mal sur lui. Est-ce une faiblesse, ou une force ?

Mais c'est essentiellement Gaston qui est doté d'une conscience : il souffre de tout ce qu'a fait Jacques, de toute la souffrance qu'il a causée. Il souffre également de sa solitude, mais elle lui paraît une bonne chose à côté de qu'il apprend sur ce “peut-être lui-même”, « cet affreux petit sosie ».

On peut même dire que Gaston acquiert la conscience au fur et à mesure de la pièce, et qu'il apprend à se voir. Au début, il est indifférent, à tout et à lui-même, ce que lui reproche d'ailleurs ridiculement la duchesse. Il n'a pas de regard sur soi, et ceci est mis en valeur par la duchesse, qui lui dit qu'il devrait se tirer le chapeau à lui-même. Mais petit à petit, au fur et à mesure des découvertes, il acquiert ce regard, de manière double :


* il apprend à connaître son passé supposé, à se reconnaître en tant que Jacques
* il apprend qui il est en tant que Gaston, il passe d'un être indifférencié à un ensemble de désirs, de refus et de volontés.


Il acquiert donc doublement l'être et la conscience : il devient Jacques et il devient Gaston.



Conclusion

Bien entendu le regard scénique est essentiellement la manifestation pour une part du regard social, et pour une autre du regard de la conscience. Comme il y a deux types de regards (le social et l'intérieur), il y a également dans la pièce deux sortes d'identitié : celle qui est fondée sur une image de soi factice et qui n'est pas questionnée, et celle qui est cherchée (Jacques, Georges).

Le destin et le libre-arbitre



Le personnage principal est seul, mais en même temps, il est triple :


* Gaston
* Jacques Renaud
* Le neveu Madensale


Tel quel, il représente les trois dimensions temporelles, le présent, le passé, et l'avenir. C'est sous ces formes qu'on étudiera le destin et la liberté dans cette pièce.



1. Gaston

Il présente différentes caractéristiques : il est




Seul


Il communique peu avec les autres (cf. le dialogue avec la duchesse au début, p. 13-14)

Il apparaît « indifférent » (p. 15), doté d'une grande force d'« inertie » (p. 16)

Il n'a donc pas de détermination sociale.




Hors du temps


« Les jours passaient » (p. 71). Il se fixe sur de très petites parties de temps, vit les jours les uns après les autres, semblant les oublier au fur et à mesure.

De plus il est chargé à l'asile de tâches répétitives : « Je plantais des salades, je cirais les parquets ». Cas tâches sont même doublement répétitives, dans la mesure où elles consistent en un geste repris, et où elles sont elle-mêmes faites à plusieurs reprises selon une périodicité.

Les autres eux-mêmes sont répétitifs : « j'en ai tellement vu de vieilles bonnes femmes qui se trompaient et m'embrassaient avec leur nez humide ».

Gaston n'est donc pas déterminé par le temps qui passe.



Amnésique


Il n'a donc pas de passé.

Il a été trouvé au printemps 1918 devant un train de prisonniers. « Le soldat inconnu vivant ». C'est un thème classique de la littérature des années 1920-1930.

Cela apparaît surtout comme négatif : « pas de ville natale, pas de tradition, pas de nom » (p. 21). Voir aussi le titre (sans bagage)

En fait pour lui, c'est comme si ces premiers dix-huit ans n'avaient pas existé et les autres sont vides.

Il est neuf, pur : « J'arrive frais-éclos au monde » (p. 72)

Il n'est personne : « Quoique ce ne soit personne, je sais qui c'est. » (p. 71)

Chacun de nos actes déterminant les suivants, et Gaston n'ayant rien fait, il n'est donc pas déterminé par le passé. « Cette chose dévorante qu'on appelle un passé » : elle dévore la liberté, la personne.




Libre


Gaston n'a pas de passé, il est seul, hors du temps. Il est donc libre et n'a pas de destin, de futur tracé. Il n'est que pur présent répétitif. Il est libre dans la mesure où il n'est personne, où il n'est que vide qui se répète.



2. Jacques

Mais quand la pièce commence, Gaston n'est déjà plus vide


1. Il a prononcé un mot (« Foutriquet »). Celui-ci désigne le médecin acharné à le guérir, à produire des accès de fixation (des délires artificiels).
2. Six familles peuvent le reconnaître.

Ces deux faits constituent un double début de détermination sociale
3. La scène se passe le jour précis où il va être présenté à une famille. Il arrive chez les Renaud.


La détermination s'est introduite dans sa vie.



De plus il va se trouver confronté à son passé. Il est reconnu pour être Jacques Renaud :


* fripouille, ivrogne, noceur
* violent en paroles et en actes
* chasseur et tortionnaire d'animaux
* amant de la femme de son frère
* Violeur d'une mineure (Juliette)
* a levé la main sur sa mère
* a volé 500 000 francs
* a tenté d'assassiner son meilleur ami


Le vide se remplit donc, et avec le passé, reviennent les sentiments (haine, reconnaissance, remords, cf. tout le tableau III)

Et de plus, Gaston découvre cela en une seule journée. La violence du choc est très forte, ce qui est indiqué par la métaphore de la « malle à surprises ».

Dès lors pour lui, le temps se met à exister de deux façons :


* le passé existe
* ce jour est plein de découvertes qui s'ajoutent, alors que les autres étaient vides et répétitifs.


Le temps de Gaston devient donc déterminé.



Mais de plus il est déterminé par les autres. C'est par eux, son frère, sa mère, ses maîtresses qu'il découvre qui il était. Ils dansent une sorte de ronde autour de lui, pour l'hypnotiser, comme le docteur Jibelin. Il veulent lui faire endosser le passé. Les « autres » déterminent Gaston en lui rappelant, et en lui faisant revivre son passé.

Mais ils déterminaient Jacques également dans sa jeunesse. On comprend bien que s'il était aussi horrible, c'est qu'il était le reflet d'un milieu social et familial corrompu :


* mère semblable à lui (butée, violente, dure, incapable d'aimer)
* frère faible
* Valentine violente et perverse
* père absent (mort quand Jacques avait deux ans)


La famille détermine donc en même temps le passé et le présent.

Il se produit alors un double mouvement d'identification :


* il a, avec la cicatrice, la preuve qu'il est Jacques Renaud
* mais cela importe peu, car cela reste extérieur ; et, entre temps, il est redevenu Jacques Renaud :
* scène avec la mère (p. 71-72)
* scène avec Valentine (p. 79)





3. Le neveu Madensale

Gaston refuse de devenir Jacques. Ce rejet progresse lentement au fil de la pièce :


* au début il est assez indifférent, et dit « je » sans y prêter attention ;
* puis, « Je ne me voyais pas comme cela. » (p. 46) Il hésite alors entre le « je » et le « il ».
* il est parfois tenté d'endosser le personnage : « Si je deviens Monsieur Jacques, ... » (p. 56)
* puis, après la révélation de la tentative de meurtre, il commence à refuser (p. 61)
* après la scène avec la mère, il a pris sa décision (Refrain « Je ne suis pas Jacques Renaud »)


Plus il s'identifie, plus il rejette cette identité.



Mais c'est sans espoir : il a une preuve. Il décide donc de refuser (« Je vous refuse. » (p. 100). Mais Valentine détruit ses espoirs. Il brise alors le miroir, ce qui constitue le dernier refus possible apparemment (mais c'est un aveu d'impuissance, et c'est encore un geste du Jacques Renaud qui détruisaient ses violons à coups de pied).



Ici intervient le deus-ex-machina : le petit garçon qui lui offre la possibilité d'échapper aux Renaud et à lui-même, car il est également sans mémoire et sans famille. Il lave Gaston de son passé, il lui offre une nouvelle indétermination, et la boucle de Gaston est bouclée, comme celle de Jacques l'a été quand il a « vampirisé » Gaston.

Néanmoins, si la fin est si heureuse (pour Gaston), comment se fait-il qu'Anouilh ait classé cette pièce dans les « noires » et non dans les « roses » ? Examinons la fin en détails, et les différentes interprétations possibles.
Gaston est Jacques...
Le petit garçon est réel Le petit garçon est imaginaire
Gaston échappe à sa famille

Il n’en reste pas moins qu’il sait qu’il est Jacques. Sa conscience en est définitivement marquée, et s’il échappe en apparence aux Renaud et à son passé, ce n’est qu’en se reniant lui-même. D’ailleurs ce n’est sans doute que provisoire : on a vu Jacques vampiriser sa personnalité et il ne cessera pas de toute manière de le hanter. La cicatrice lui permet d'échapper à sa famille, mais elle le marque néanmoins comme Jacques Renaud. Gaston reste « sans bagage », mais il sait où il les a laissés et ce qu'ils contenaient. En dépit des apparences, la fin n'est pas rose, et le deus-ex-machina ne sauve rien.

Gaston accomplit son destin

En reniant sa famille, Gaston devient d’une certaine manière définitivement Jacques : il fait le plus grand mal possible aux siens, avec une impitoyable dureté, même si c'est inconsciemment ; c'est le couronnement de sa carrière d'égoïste. Enfin, et même si c’est sur le plan symbolique, il devient un assassin (cf. le dialogue avec le maître d’hôtel), ce qui constitue l’angoisse de Gaston dès le début et une tendance naturelle de Jacques (la fronde, Marcel).

Gaston redevient Jacques

Imaginer le petit garçon est une simple rêverie. Gaston va rester chez les Renaud, qu’il est obligé de reconnaître comme sa famille. Son destin se referme définitivement et réellement sur lui.

Gaston devient fou

Gaston perçoit le petit garçon comme réel : il semble échapper à son destin, mais c’est en se réfugiant dans la folie. En fait il accomplit encore une fois le destin de Jacques, qui semblait guetté par la démence (cf. ses crises de violence furieuse).

Deux interprétations possibles Deux possibilités

Certes, il y a une infime éventualité que Valentine ait menti et qu'elle ne soit pas à l'origine de la cicatrice, bien réelle, elle (cf. tableau IV). Bien sûr elle prétend n'avoir jamais vu Gaston nu, mais ils ont quand même fait l'amour dans l'hospice deux ans auparavant. De plus elle ment sans cesse, triche, trompe tout le monde. Quel serait son intérêt ? On n'en sait rien, mais sa psychologie est assez torturée (vengeance à l'égard de son mari ? recherche folle d'un amour perdu ?), et elle peut aussi se tromper elle-même et reconnaître Jacques, comme tout le monde. Mais, de toute façon, il est remarquable que cela ne change rien au tableau ci-dessus, sinon que Gaston ne sait pas, mais croit/est convaincu qu'il est Jacques, et se trouve prisonnier d'une vie qui en fait n'est pas la sienne. Ce n'en est que plus ironique/tragique.

Dans tous les cas de figure, Gaston accomplit, d'une manière ou d'une autre, le destin de Jacques. Le Voyageur sans bagage, c'est l'histoire d'une mise à mort, celle de Gaston par Jacques. C'est la sortie brutale de l'enfance, la mort de la liberté. Gaston endosse un destin et n'y échappera plus. La tragédie est une « machine infernale » (Jean Cocteau à propos d'Oedipe) : Gaston est perdu dès la première page, quand il pose le pied sur le sol de la maison Renaud.

__________________________________________________________________________

Intérêt littéraire
__________________________________________________________________________

Intérêt documentaire
__________________________________________________________________________

Intérêt psychologique

Anouilh, visant à faire plus vrai, présente des personnages et des marionnettes, qui forment souvent un couple caricatural : dans ‘’Le voyageur sans bagage’’, ce sont la Duchesse et Maître Huspar.

__________________________________________________________________________

Intérêt philosophique
Arial

__________________________________________________________________________

Destinée de l’oeuvre

La pièce, mise en scène par Georges Pitoëff, créée le 16 février 1937 au théâtre des Mathurins, jouée par Georges et Ludmilla Pitoëff, avec une musique de Darius Milhaud, offrit à Jean Anouilh son premier succès, étant jouée cent quatre-vingt dix fois, et la reconnaissance par la critique.
En 1943, Anouilh réalisa lui-même un film d'après sa pièce.
La pièce a été adaptée pour la télévision par Pierre Boutron, avec Jacques Gamblin qui exprima avec justesse la naïveté de Gaston, affirmant : « C’est un rôle pour moi » ; Micheline Presle dans le personnage de la mère du héros ; Florence Pernel, l’ancienne maîtresse.

10 oct 2007 à 02h49 par :
penis

29 sep 2007 à 18h21 par melis :
bjr, je suis de bxl et j'aimerai vous demander qlqch , pq perdez vous votre temps a ecrire " svp resume, svp aidez moi, svp , svp, svp" lisez c'est bcp plus simple,en plus c'est trop chouette ce livre franchement , un conseil , ne donnez jamais une copie conforme de resumé internet a vos profscar c'est trop Nul les resumes ici , ils ne sont pas complets du tout , fin, faut voir encore c'est comment chez vs, soit bonne continuation a tous .

12 juin 2007 à 10h38 par ga :
Vous êtes bobets

03 juin 2007 à 15h12 par chachou :
moi il me faut le résumé du tableau 3 sil vou plé !!!

15 avr 2007 à 17h07 par Pauline :
Pour ceux qui souhaite un résumé du livre, nono0108 en a donnée un très complet^^ Alors lisez les commantaires d'avant avant de poster.

Sonia pour ta question, je pense moi que le titre fait référence au fait que Gaston n'a plus de passé. Du au fait de de son amnésie.

Je ne sais pas si cette réponse t'aura été d'une grande aide sachant qu'il te l'a fallait pour le 5. M'enfin^^

14 avr 2007 à 17h22 par nono0108 :
Slt j'ai trouvé ça comme résumé sur internet, donc si je pe vous aider.

Au printemps 1918, Gaston a été découvert dans une gare de triage, devant un train de prisonniers venant d'Allemagne, complètement amnésique. Ne sachant que faire de son cas, jugé comme "l'un des plus troublants pour la psychiatrie et l'une des énigmes les plus angoissantes de la Grande guerre", il se retrouve dans un asile d'aliénés, tenu par le docteur Bonfant. Celui-ci emploie Gaston comme jardiner et homme à tout faire. Tout était parfait dans le meilleur des mondes, jusqu'au jour où le successeur du docteur Bonfant - Albert Jibelin - débarque. En prenant possession de l'hôpital, il s'empare du cas des patients, bien décidé à stimuler leur mémoire. "Avec lui, heureusement, tout cela est en train de changer. Confrontations, expertises graphologiques, analyses chimiques, enquêtes policières, rien de ce qui est humainement possible ne sera épagné pour que son malade retrouve les siens. Côté clinique également, Albert est décidé à le traiter par des méthodes les plus modernes. Songez qu'il a fait déjà dix-sept abcès de fixation ! [...] Il aura le derrière comme une écumoire, mais il retrouvera son passé. Quel homme de coeur hésiterait entre son passé et la peau de son derrière ?."
Sa tante, la duchesse Dupont-Dufort - présidente des oeuvres d'assistance de l'hôpital - organise des rencontres avec les familles supposées et les patients amnésiques. Beaucoup sont uniquement attirés par l'appât du gain que représente Gaston. Parmi celles-ci, la famille Renaud, grands bourgeois, qui pense avoir reconnu leur cadet, Jacques. Quand Gaston entend le portrait peu élogieux que l'on fait de son double, Jacques, il ne s'y reconnaît nullement. Ivrogne, brutal avec sa mère, odieux avec le personnel de maison, coureur de jupons, bon à rien, voleur, escroc. Il préfère dire et répéter qu'il n'a aucun rapport avec ce Jacques. "Mais, voyez-vous, pour un homme sans mémoire, un passé tout entier, c'est trop lourd à endosser en une seule fois."
Pour se laisser une chance de refaire sa vie à sa façon, Gaston décidera de tuer Jacques, moralement. L'occasion lui en sera donnée par l'arrivée d'un petit garçon anglais, riche et orphelin, qu'un notaire sans scrupules veut détrousser de sa fortune. En repartant avec lui, Gaston se créé un nouvel avenir, dépouillé d'un passé lourd et incommode. Il permet aussi à cet enfant de toucher son héritage.

12 avr 2007 à 11h10 par naima :
merci de me répondre svp!parceke chui dan la muiiiiise!!!!!si chakin pouré donné son avi sa me seré dun gran secour!!!AU SECOUR!!!svp édé moi!!

12 avr 2007 à 11h09 par naima :
merci de me répondre svp!parceke chui dan la muiiiiise!!!!!si chakin pouré donné son avi sa me seré dun gran secour!!!AU SECOUR!!!svp édé moi!!

12 avr 2007 à 11h07 par naima :
slt à tous moi je dois fère une dissert sur le voyageur sans bagage.le sujé C:SIGNIFICATIONS du "voyageur sans bagage".au dela de listoire raconté,que dénonce jean anouilh sur les rapports sociaux de son temp,sur la famille,sur les évenemen historique passé?

04 avr 2007 à 19h35 par sonia :
slt moi je doit savoir quel est la signification du titre par rapport à l'histoire. stp il me la reponse avant demain

25 mar 2007 à 13h04 par antoine :
si kelkun pourai me doner le resume du livre complet sa serai simpa

20 mar 2007 à 23h24 par chayemae :
slt je t'aime trés fort rémi

15 mar 2007 à 12h05 par Clara :
Bonjour à tous serait il possible d avoir un résumé du tableau 1 du voyageur sans bagage ... ?

06 mar 2007 à 18h51 par Romain :
Bonjours, je dois faire un résumé de chaque tableau du livre le voyageur sans bagage donc 5 résumés parce qu'il y a 5 tablau et je n'ai pas très ien compris le livre alors si quelqu'un pourrait m'aider et me raconter l'hitoire ça serasympa merci d'avance

02 mar 2007 à 15h12 par tiffany :
pour l'avis de ninni, le 24 oct 2006 : ton "pffff" ca sert a rien ... tu savai vraimen pa koi ecrire. Moi ossi je dois faire un résumé de chaque tableau (= chapitre) mai deja fodrai ke je comprenne le livre, c tro casse-c******s a lire !!!!! AIDEZ MOIIIIIIIIIIIIIIII !

24 fév 2007 à 17h07 par coralie :
Salut moi j'ai étudié ce livre et j'en ai fait un résumé assez clair je pense. J'espère que ça ira! Bonne journée!
La duchesse de Dupont-Dufort a recueilli un amnésique de guerre. Dix-huit ans plus tard, elle pense avoir retrouvé sa famille mais elle hésite entre 6 familles potentielles : les Renaud, les Brigaud, les Bougran, les Grigou, les Legropâtre et les Madensale. Cependant la duchesse refuse que Gaston vienne d’une famille de pauvre donc fait passer en priorité les familles les plus bourgeoises. C’est le cas de la famille Renaud. Gaston s’y rend en compagnie de la duchesse et la famille lui raconte comment était leur fils : Jacques, un garçon odieux, dévoyé et égoïste. Gaston ne croyait pas que cela pu être lui, mais Valentine, sa belle-sœur et ancienne amante, lui donna une preuve que seule elle pouvait connaître : une cicatrice sur l’omoplate. Gaston comprit alors qu’il était bel et bien Jacques mais refusa de l’assumer. Puis il rencontra un petit garçon qui lui dit qu’il cherchait son neveu pour un héritage. Gaston préférait aller dans la famille de ce petit garçon, l’oncle Madensale, plutôt que de rester dans sa vraie famille les Renaud. Il fuit alors son passé et prit ce petit garçon à sa charge.

14 fév 2007 à 21h07 par :
é bi1 j'espére ke jvou é édé.si ta dé kestion konnecte toi sur meuf.du95@hotmail.fr

14 fév 2007 à 21h04 par nadya :
slt moi g lu livre ,mes cela date .jme souvien que gaston été tombé dans le coma apré avoir participé à la premiére guerre mondial.é à son évéil il perdi connéssence .puis gaston fu pri en charge par une femme ki doi l'édé à retrouvé sa famille.mais vu ke gaston é un survivan de guerre é kil é pluto riche grace a la pension de l'hopital .lé famille ce batte pour l'avoir.la femme ki s'occupe de lui le trouve pluto bo grace a son gabari é refuse l'idée ke gaston appartien a une famille pauvre alor el retira de la liste toute lé famille pauvre.ainsi resta plu ke 5 famille de bourge.gaston renda visite a ses cinq famille é écouta lé différente version de son passé.gaston fu choqué de la méchanceté kil auré pu produire, é ne l'assuma pa.de plus parmi lé famille y en avé une où un peti garçon été à la recherche de son neveu kil na jamais connu.le peti garçon explika kil été importan kil retrouve son neveu pour récupéré un énorme éritage.cet alor ke gaston sachan ke ce n'été pa sa famille accepta d'en joué le role du peti neveu.gaston fuit alor son passé

08 fév 2007 à 16h57 par :
je suis de la suisse et je dois lit ce livre pour ma maturite et je le trouve très dificile ci quelque peut m'aide et me donne quelque informacion(resume et explication de ce livre) je vous remercie beaucoup

merci d'avance ( je le besoin très vite)

01 fév 2007 à 20h48 par kentin :
moi aussi je dois faire un résumer il est difficile a comprendre ce livre ce serait gentil si quel qu'un pouvait me dire le résumer du livre se serait sympatique surtout que moi je suis noter coéficient 6 et c'est tré important pour mon passage en terminale svp aider mmoi!!

31 jan 2007 à 20h20 par CHABAL :
SVP, j'ai besoin d'un résumé complet du voyageur sans bagage, étude des personnages.
merci beaucoup pour votre aide, j'en en réellement besoin

06 jan 2007 à 19h26 par mathilde :
Bonjour, j'ai un devoir à rendre sur le voyageur sans bagage : les caractéristique des personnage, le résumé et la démonstration que J.anouilh dans ce livre. merci de me répondre rapidement.

06 jan 2007 à 13h13 par Laure :
bonjour, vous serai ilpossible de me faire parvenir un resumé complet du voyageur sans bagage, je me suis prise trop tard dans l'aquisition de ce livre et celui ci est introuvable dans les librairies d'aix en provence et je dois rendre ce devoir le mardi 9/01.
je suis vraiment ennuyé car c'est la première fois que ça m'arrive.MERCI

04 jan 2007 à 22h16 par lou :
bonjour, je dois faire un résumé du livre mais le probleme est que je n'ai pas du tout compris le début alors j'aimerais bien que l'on me le résume si ce n'est pas trop demander!! merci a se qui vont m'aider!!

28 déc 2006 à 16h50 par Alicia :
je dois résumé "le voyageur sans bagage" par acte !!!j'ai besoin d'aide s'il vous plait !!!
merci beaucoup d'avance

27 déc 2006 à 11h22 par sophie :
bonjour il me faudrait un résumé complet et assez cours de la scèn edu voyageur sans bagage, faire l'étude du personnage principal, le caractère des personnages secondaires et quelles sont les idées de l'auteur sur la guerre, sur la bourgeoisie et le pouvoir de l'argent? Merci beaucoup de me répondre bonne journée

14 déc 2006 à 19h03 par marie :
s'il vous plait j'ai besoin d'aide!!! on peut pa trouver un bon resumé sur internet vous pouvait pas m'aidée!!! le plus vite possible (c'est pour demain ma fiche de lecture)!!!!
merci d'avance

07 nov 2006 à 19h49 par jean marie :
rachid au bouloooooooooooooooooooooooooooot !!!!!!!
BORDELLLLLLLL !!!!!!!!!!

05 nov 2006 à 18h38 par Rachid :
Bah moi j'ai une fiche de lecture a faire !!! Mais impossible de trouver un résumé correcte et comme se ma saoul de lire le livre bah j'aimerai que vous me donnier le résumé déjà fait
Merci d'avance !

24 oct 2006 à 10h44 par ninni :
pfffffffffffffffffff

23 oct 2006 à 12h45 par ludivine :
moi j'ai aprit aujourd'hui que javai ce livre a lire pour demain je ne l'ai meme pas acheter svp aidez moi je voudrai le resumé de ce livre!
svp
merci d'avance

16 oct 2006 à 19h00 par alexia :
je dois décrire les personnages principaux faire un résumé de chaque tableau du livre le voyageur sans bagage TRES VITE SVP

24 sep 2006 à 11h47 par christelle :
Bonjour, j'ai lu le livre mais je ne l'ais pas très bien compris... et je dois faire un résumé (fiche de lecture) pourriez vous me l'expliquer s'il vous plaît ? (Le plus vite possible !) Merci d'avance...

05 juin 2006 à 11h20 par Marine :
je dois faire un résumé sur le voyageur sans bagage mais le problème c'est que je n'est rien compris au livre donc si un personne pourrait m'aider le plus rapidement possible car c'est pour vendredi merci d'avance

08 mar 2006 à 15h50 par amande :
bah moi je dois faire une analyse du titre, décrire les personnages principaux, les relations entre eux, les thèmes abordées et aussi le résumé de l'histoire !!!! si vous pouriez ME REPONDRE LE PLUS RAPIDEMENT POSSIBLE SVP SVP cela m'aiderait beaucoup même si vous ne pouvez pas repondre a tous !!!!!! MERCI d'avance !!

23 fév 2006 à 20h45 par renaudin :
moi je dois faire un résumé de chaque tableau du livre le voyageur sans bagage donc 5 résumés parce que il y a 5 tableaux !! si quelqu'un pourvait ME REPONDRE TRES RAPIDEMANT ce serait super !! meric beaucoup !! MARGAUX

24 jan 2006 à 15h39 par morgane :
je dois faire une fiche de lecture sur "Le voyageur sans bagage".Je dois rédiger tout ce que Gaston apprend sur Jacques,de positif,de sa violence,sa brutalité(contre les animaux,sa mère...),ses actes répréhensibles par la loi.En faisant une introduction et à la fin une conclusion.
Si ça vous dérange pas j'aimerais que vous m'aidez...merci

Laisser un commentaire

Votre commentaire :

Votre nom :